‘POUR RIEN AU MONDE JE N’AI ENVIE DE TE PERDRE’ ¤ Présentation du récit “A coeur ouvert”, des 23 morceaux (vidéoclips) ainsi que des poèmes, constituant ce projet.. En annexe, quelques inévitables digressions chargées d’amertume..

 

~

 

INTRO

Très tôt dans mon enfance, j’ai enregistré et photographié mes proches pour les inclure dans des créations souvent conceptuelles. J’ai un rapport à l’intime assez proche d’une artiste comme Sophie Calle.

Cette fois-ci j’ai voulu relater la sidération -la détresse- d’un amour violemment entravé: les parents de ma compagne ont en effet brutalement découvert que le garçon pour lequel elle bravait chaque week-end le confinement de Novembre avait le mauvais goût d’être de leur génération. Qui plus est, arborait avec outrecuidance sur son site des photographies de leur fille en tenue légère.. Bien que la demoiselle, majeure et salariée, ait eu le loisir d’exprimer que j’avais cette particularité de la rendre très heureuse et de lui donner envie d’aller de l’avant, j’ai été malgré tout sommé par la mère de ne plus la contacter, cela après que le père m’ait menacé de me tabasser.. Dès lors, toutes mes démarches pour joindre ma chérie se trouvèrent irrémédiablement court-circuitées. Sidéré, je pris bientôt conscience que je n’aurai plus de nouvelle de cette jeune femme à qui je vouais un amour inconditionnel et avec qui j’avais savouré d’ineffables instants de pure bonheur.. Une vive détresse s’empara de moi. Afin de ne pas sombrer totalement dans ce silence assourdissant, je me raccrochai dès lors à la perspective de faire vibrer une ultime fois cette histoire par le prisme de poèmes & musiques, saupoudrés de réminiscences Whatsappiennes. Cela s’imposa d’emblée pour “architecturer” mes questionnements ainsi que ma survie..

J’ai décidé d’écrire une vingtaine de poèmes au moment où mon émotion était la plus vive, puis de goupiller en cinq jours un bricolage visuel (qui transcende le propos) et sonore (à savoir d’anciennes chutes de studio non exploitées conjuguées à des compositions à base de ‘samplings’), afin de rester dans une sorte de climax sentimental. Je précise que toutes les voix sont issues de dictaphones sans le filtre d’un ‘déesseur’. Donc cela manque un tantinet de matière et pique un peu les oreilles; néanmoins cette approche en ping pongs vocaux (depuis le paradis/ depuis l’enfer) fait partie du concept: les morceaux incorporent ainsi de brèves interventions de mon amoureuse évaporée, récupérées depuis mon WhatsApp. Comme toutes les jeunes femmes ayant connu une puberté très précoce, son timbre de voix est paradoxalement très juvénile (c’est d’ailleurs un état de fait souvent évoqué dans les studios de doublage); les accents enfantins -déroutants- de cette voix, m’avaient amené à réclamer à la belle une photo de sa carte d’identité avant de découvrir enfin de visu la profondeur inouïe de son regard revolver..
Ici, la spontanéité de la demoiselle fait, à mon sens, judicieusement contraste avec la tonalité nostalgique -dramatique- des textes.. Ce projet, dans sa facture, n’est pas sans rappeler “Melody Nelson” de Gainsbourg.
 
Je n’ai finalement finalisé que la première moitié de mes poèmes, car la seconde était tournée vers un inévitable ressentiment (ma promise n’ayant entravé ni les menaces de ses parents, ni le “ghosting” décrété à mon encontre, il m’était bien difficile de ne pas assimiler cela à une lâche trahison de sa part). J’ai néanmoins considéré mon exacerbation sentimentale plus intéressante à explorer, bien qu’un peu atterrante aux entournures: on a inévitablement l’air un peu pathétique lorsqu’on devient fébrile mais j’ai néanmoins choisi délibérément de m’aventurer sur ce terrain escarpé..
 
Mon projet est à la fois un récit, un hommage, un geste de révolte et de sublimation face à une laideur soudainement imposée; un droit de réponse. C’est aussi un réflexe de survie: cristalliser une souffrance permet de la transcender en partie.
 
La lutte entre mon Eros & mon Thanatos a notamment engendré trois textes érotiques assez épicés ! Vous êtes prévenus: largeur d’esprit indispensable !
 
Le projet a été agrémenté d’un grand nombre d’inédits réalisés entre Janvier et Mars 2021, avant le Printemps.
 
Je le considère comme l’expression exacerbée de ma sensibilité.
Fort(s) dommage(s) de s’enflammer pour des êtres tièdes..
 
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Dès lors 
 
PLUSIEURS OPTIONS:
 
I. ECOUTER L’INTEGRALITE DU DISQUE.
 
 
II. ECOUTER LES TITRES AU CHOIX 
ACCOMPAGNES DES POEMES.
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I
 

 

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.II.
 

UNE SIESTE AU PARADIS (18/12/2020)

 .

Je te regarde somnoler

sous ma guirlande colorée;

une’ musique ‘jazzy nous berce

en sourdine

Constellé de grains de beauté,

ton dos est chaud comme un été;

cette plénitude me bouleverse,

ma divine !

 .

Une quiétude bienheureuse

envahit mon âme comblée;

en moi l’instant se cristallise

pour toujours

Sous mes draps, ma fleur radieuse

m’envahit de parfums tressés;

de son grand sourire elle aiguise

mon amour

 .

Dans une heure tu seras rentrée

j’ai besoin de te contempler

pour que tes grands yeux se déversent

dans mon coeur

Embrasse-moi ma bien aimée

jusqu’à ce que j’en sois grisé

nous roulerons sous une averse

tout à l’heure

.

Je te regarde repartir

dans les néons d’un train de nuit

et moi je regagne l’automne

de ma vie

~

Chaque Samedi vois revenir

ma petite’ bouille de paradis

sa joie d’emblée se capitonne

sur mon lit

 .

Je suis heureux de l’embrasser

encore, toujours, éperdument;

le silence qui maquille ses yeux

me renverse

Elle est bien jeune et moi trop fait

pourtant je vibre infiniment

lorsque ses rayons lumineux

me traversent.

.

.

 

 

.

FAIS-MOI CE QUE TU VEUX  (Sonnet – 20/12/2020)

 .

”Qu’est-ce qui t’excite au lit ? Fais-moi ce que tu veux !”

Quand tu m’as dit ces mots, j’en suis resté sans voix.

Allongée, alanguie, tu me cherchais des yeux

et moi soudain penaud, j’ai gardé tout pour moi..

 .

Dès le premier instant, où ton corps dénudé

s’est révélé à moi, il me fut familier;

j’adorais butiner ton bourgeon de Venus,

tes doigts cherchaient les miens pour sonner l’Angelus

 .

Je voulais savourer d’explorer tout ton fort

Je laissais mijoter, mes rites et tes trésors

pour ancrer plus encore, l’âme de notre histoire

 .

J’aimais quand tu fermais les yeux pour m’enrober

je voulais effacer tous ceux qui t’ont souillé

en irrigant ton corps, jusqu’à t’en émouvoir.

.

 
.

 

 

.

FLANER AVEC TOI (31/10/2020)

 .

J’aimerais habiter dans tes bras,

flâner dans tes sourires, me baigner dans tes yeux;

pique-niquer sur tes seins.

J’aimerais boire beaucoup et danser avec toi

dans un tourbillon d’ivresses enjouées;

j’aimerais entrer dans des boutiques fantaisistes

et t’entrainer dans d’autres,

traverser des ponts charmants tamisés

pas des lueurs roses et jaunes,

contempler des édifices et sentir ta douceur

se mélanger à celle de la brise.

J’aimerais chanter avec toi des bêtises,

t’acheter une peluche adorable,

entrer dans un restaurant mignon

gorgé de senteurs délicieuses.

J’aimerais sans la moindre raison

courir dans la rue avec toi

et rire comme on dévale un escalier;

J’aimerais te voir heureuse,

car quand tu es heureuse,

je suis heureux aussi.

.

 
.

 

 

.

ARC-EN-CIEL EN MONOCHROME (30/11/2020)

 .

Si j’avais su Mélia

qu’on t’enlèverait à moi

Je t’aurais embrassé

jusqu’à me recouvrir

des scintillements de ton âme

 .

Si j’avais su cela

je t’aurais dessiné de paisibles rivières

aux creux de tes poignets.

 .

Non Mélia je ne t’oublierai pas

ton sourire allumait des feux

tel un chapelet de luminaires

dans mon cœur esseulé

 .

J’aurais voulu marcher

dans ce si joli parc

à tes côtés,

faire une dernière balade

discrètement sous le regard

des arbres silencieux.

 .

J’aurais voulu te caresser

plus encore que le vent

et te dire les mots les plus doux

et les plus bouleversants,

en contemplant tes yeux.

.

.

DELAVES (23/12/2020)

 .

Je ne sais pas

si je pourrai te faire face à nouveau

si tu n’as plus cet élan pour moi

cette gourmandise

d’étreintes et de baisers

sans fin

 .

Je ne sais pas si je pourrai survivre

à la monochromie

.

toi qui savait si bien recolorer ma vie.  

   .

.
.

 

.

CREPUSCULE D’UN SOUVENIR (23/12/2020)

 .

Te souviens-tu Mélia de cette balade crépusculaire,

la dernière que nous fîmes,

à Varennes-Jarcy ?

 .

Le ciel était lugubre, lourd et oppressant

et nous marchions, errant

telles des âmes en peine..

C’était nos dernières heures ensemble

avant que je te perde

et que l’hiver blafard

se referme sur moi

 .

Te souviens-tu de cet instant

où tous les luminaires se sont éteints;

du début de la fin;

de tout ce bonheur

soudain dégorgé ?

 .

Je n’ai pas mesuré

l’étendu de la peine

que j’aurais à porter

.

Tu épousais la forme de mon âme

mieux qu’aucune autre femme

et celle de mon salon

honoré de ton charme.

 .

Te souviens-tu chère âme

lorsque je surgissais dans les commodités

pour dérouler soudain

une danse endiablée ?

 .

On riait tant et tant..

 .

Dans cette valse, ton père est entré brutalement

et plus personne n’a dansé depuis

 .

Les semaines ont passé

sans plus entendre ta voix;

j’étais pétrifié par le silence..

 .

Désormais j’ai peur de t’entendre à nouveau

et de lire tes mots..

.

Je redoute que mon cœur

explose en mille éclats de tristesse.

 .

Je formule le souhait

que nous renaissions de nos cendres

Souvenons-nous de tous ces instants suspendus

où la moindre banalité partagée

devenait un merveilleux moment de vie.

 .

Souviens-toi, s’il te plait..

 .

J’ai peur de te croiser un beau jour dans Paris

au bras d’un nouveau destin;

que nos regards se heurtent

et que je m’évanouisse soudain

dans un vertige de détresse.

.

.

 

 

 

.

CHAQUE WEEK-END TU SURGISSAIS (22/12/2020)

 .

Chaque week-end tu surgissais

avec ta belle petite gueule et tes tenue chiadées.

 .

C’était le confinement en France ainsi qu’à l’Etranger.

 .

Le cœur enjoué, tu quittais Saint-Germain-des-Près pour me rejoindre.

 .

Je me souviens de cette journée ensoleillée où tu entras dans ma voiture,

avec ce sourire mutin qui n’appartient qu’à toi..

 .

A cet instant se répandit en silence un délicieux parfum d’évidence.

Une merveilleuse connivence.

 .

Chaque week-end ton père se demandait chez qui tu te rendais.

Jusqu’à ce triste jour, plein de violence,

où il l’a su et ne t’a plus jamais laissé

reparaitre.

 .

C’est alors que le président annonça la fin du confinement.

 .

J’ai songé aux bords de Seine avec toi, à une escapade à la mer,

à quelques déambulations dans l’onirisme urbain de l’hiver..

Tous ces moments magiques que je me languissais de partager

tes parents me les ont volés.

.

.

SI C’EST UN ADIEU (22/12/2020)

 .

Si on ne se revoit pas, mon amour

si c’est un adieu

sois heureuse

ris souvent

et danse

dans la douce brise d’un nouveau Printemps

 .

Je ne t’oublierai pas,

sache-le,

je ne t’oublierai jamais

 .

Tes parfums subtils, ta douceur muette, tes sourires solaires et tes grands yeux fous

me reviendront certains jours d’escapades et mes larmes viendront.

Et puis, des questions: que deviens-tu dans ce monde brutal, es-tu heureuse ?

 .

J’aurais voulu te protéger et te hisser

dans un vaste ciel bleu

 .

Mais j’ai chuté, je crois

et si c’est un adieu

 .

Je garde un talisman de toi.

.

.

.
 

 

 

.
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TON SILENCE, MON AGONIE (sonnet – 20/12/2020)

.

Ton tortionnaire de père, t’aura donc mis en laisse

bien que tu sois majeure tu demeures sous son toit

ta mère n’apprécie guère que tu poses topless

elle et ton géniteur refusent que je te vois

.

Lui qui m’a menacé de me casser les dents

n’a pas vraiment compris que je te protégeais,

que tu te délestais de tes mauvais penchants;

que nous étions ravis d’aussi bien nous aimer

 .

Qu’ont-ils bien pu te dire, qu’ont-ils pu orchestrer;

tu m’as laissé au large dans mon bateau couler

et j’ai agonisé sans nouvelle de toi

 .

«Je ne voudrais te perdre pour rien au monde, je t’aime».

Je parcours tes vocaux, à nouveau je suis blême

une histoire aussi douce peut-elle mourir d’effroi ?

.

.
 

 

 

.
.

A NOS CULS (23/12/2020)

 .

Comme toutes les filles

qui m’ont vu tout nu

tu aimais mon cul

 .

tu claquais ta main

comme une ingénue

l’oeil qui pétille

 .

J’ai la peau plus douce

qu’une douce frimousse

comme le sait ta main

derrière mon bassin

.

Il ne faudrait point

trop s’effaroucher

d’un doigt anodin

m’avais-tu glissé

quand tu papotais

de mon popotin

 .

Et puisque j’y suis

je vais confesser

qu’à te butiner

des heures durant

j’aurais bien léché

l’entrée du volcan

 .

Au sein des rustines

que j’ai vues, Divine

la tienne est sublime

un vrai pousse-au-crime !

 .

«Tu peux me faire

ce que tu veux»

m’avais-tu dit

Sauf que ton père

libidineux

l’a bien senti

 .

Il t’a kidnappée

Il t’a séquestrée

pour nous éloigner

bien nous évider

 .

Une femme majeure

doit choisir l’heure

de se révolter

l’index levé !

.

 
.

 

 

.
.
.

 

MINOTAURUS INEST (03/10/2020)
-Veneris monumenta-

 

 

J’aimerais que tu te postes à nouveau
au sommet de mon lit
le dos apposé contre le mur de mon salon,
quasi-nue.

 

 

Un quart de siècle nous sépare en âge,
mais tes yeux francs, intemporels, presque mystiques
m’adressent un familier langage..

 

 

Laisse-moi déposer ma joue très doucement
dans le creux de ton cou,
être la plume qui rejoint son nid..

 

 

Je suis un enfant, une panthère, une brise d’Eté;
je suis un grand soleil près d’un refuge aux portes de coton..

 

 

Ta bouche est une fleur sauvage,
qui parfume mon âme de papillon.
Vois mon aile silencieuse se poser
sur la soie de ton épaule chaude !

 

 

Le temps suspendu
infuse mon âme à ta presqu’île;
Mon souffle sur ta peau me grise:
tu es ma vapeur d’absinthe !

 

 

Ta chevelure est désormais
un vaste champs moissonné
à mon vexillum externum.

 

 

Ton épiderme irradie contre le mien
comme un pain chaud sorti des braises !

 

 

Aucun des chats sacrés de l’antique Egypte,
n’a transporté autant de lumière que ta peau :
Hathor, Isis et Rê se sourient et se taisent
lorsque je te caresse.

 

 

Tes deux pyramides sont des flacons de rivages.
Fais-moi boire de ton lait; enfante ma déraison !

 

 

Mes griffes de faucon ratissent ta nuque;
je porte mes dents à ton cou,
je mordille ta chair tel un vampire avide..

 

Je suis ton Minotaure, ton Lucifer, ton Dracula !

 

Mes doigts délicats viennent broder d’audaces
un incertain langage à même tes seins..

 

 

Des alcools de prune et de poire coulent à présent de tes tétons;
je t’attrape au cou, tel un canidé, pour te tirer lentement vers moi;
je sens tes fioles d’effluves infiltrer mon cœur;
Ta bouche capture la mienne comme une proie fébrile.
Tes bactéries s’engouffrent dans mon sang, restaurent ma matrice..
Je vois des gouttelettes d’eau fines
bouillir sur ta peau
puis s’évaporer au diapason de tes soupirs..

 

 

Tes aréoles crantées pénètrent souplement mon torse.
C’est alors que le grand mât du Drakkar se lève
et tu l’absorbes sans tarder tout entier en toi,
dans ta forêt d’éponges.

 

 

Ta rosée coule déjà du septième ciel convoité.
La chambre se tapisse d’un rouge-violacé..

 

 

Je sens ton odeur animale qui s’abat comme une tempête:
tu plantes tes yeux intenses
tel des ancres dans l’océan de mon âme.
Je me retourne tout entier sur toi,
ragaillardi par ton puissant courant.

 

 

Ta bouche carmin
a faim
de recevoir l’écume de ma lèvre.

 

 

Je t’ensevelis d’une vague puissante
et j’engouffre encore davantage
ma corne de Minotaure
dans le tréfond de ton corps.

 

 

Voici l’offrande de nacre:
de multiples orages tonnent dans ta chair
Tu tressailles d’accueillir dans ton caveau
ma liqueur de perle.

 

 

L’onde de choc de ma queue
se prolonge tel un écho parmi tes dunes.

 

 

Tu m’enfonces tes ongles dans le dos si profondément
que je sens distinctement ton nom se graver sur mes os.
Je plante à mon tour mes dents dans ta jugulaire
tandis que tes canines percent mon épaule.

 

 

Je m’abreuve, tu me bois,
nous nous embrassons follement
pour partager ce vin de messe.

 

 

Je ramasse au sol des caillots de raisin
et je les porte à ta petite gueule affamée.
Tu les dévores en me dévisageant.

 

 

Ta bouche coule infiniment
jusque dans ton nombril
et abreuve les petits papillons
qui palpitent dans ton ventre.

 

 

Le coutelas divin de ton sourire en coin
me suggère un sacrifice à venir

 

 

Tu t’éclipses dans la salle d’eau
et déjà tu m’inspires
de vilaines rêveries..

 

 

Relevant une pièce d’étoffe
trop ajustée à tes hanches
tu me laisses entrevoir
l’arrogante colline hirsute.

 

 

M’empoignant le vit en me fixant des yeux,
tu veux me voir céder à proférer
mes ordres rabaissants.

 

 

Ta bouche lascive de succube
réclame la lie de mon calice !

 

 

Ta main est un nid à serpents;
elle me caresse et me compresse
pour que je crache enfin
tous mes mots volcaniques.

 

 

Tu m’engloutis de ta gueule de fauve
pour m’assassiner de plaisir.

 

 

Des torrents hypnotiques se répandent en moi,
tandis que tu bois toute ma fontaine.

 

 

Démon repu, tu m’adresses un sourire.
Je suis une comète
dans la galaxie de tes yeux fauves.

 

 

Aucunement je n’ai la beauté d’Artemis,
mais je peux être un grand forgeron de volupté !
Fais de moi le gardien secret de tes moiteurs,
l’arboriste de ton plus secret jardin..

 

 

Je l’avoue, je suis parfois jaloux des visiteurs
que tu salues de ton candide balcon.
Tous ces mirages, si laborieux, sont autant de déserts..

 

 

Et si chaque homme est fait de sable,
je serai ton désert de Mojave,
ton Dasht-e-lout, ta Kébili.
Je serai le Queensland bouillant
au milieu des montagnes de feu.

 

 

Mon orgueil est un empire suintant,
et tu le sais toi qui réapparais
dans une robe andrinople..

 

 

De ton dos je m’approche;
tes ourlets, déjà, se pourfendent de flammèches..

 

 

Je veux sédimenter encore à ton épaule;
j’entrevois tes doux seins dans l’écorchure de ta robe;
ta bretelle s’affaisse ainsi que ta chute de reins;
soudain, le bas de ta robe s’enflamme

 

 

Tes doigts fraîchement vernis
soulèvent avec une insolente lenteur
le tissu embrasé !

 

 

Le bas de ton dos est désormais tatoué
d’obscurs hiéroglyphes;
«Sois indécent» chuchotes-tu.

 

 

J’ai besoin de lécher ta petite béance,
comme un chien des enfers !

 

 

Tes canines d’orque scintillent dans le miroir;
Tu lèves un bras au ciel;
tes doigts gracieux s’éventaillent et s’enroulent
tandis que la chambre prend feu.

 

 

Je pointe à mon tour vers le ciel un index
qui se change en verge féconde;
et tandis que les parois de ton éminence charnue
s’abandonnent à mon autorité,
j’enfonce un doigt séminal à ton nombril..

 

 

Des Jigokubana naissent soudain dans tes cheveux;
une nuée de papillons pourpres et ocres
comme sortie des enfers,
vient butiner chacune de tes mèches,
éteignant les feux alentours
de battements d’ailes..

 

 

Des abeilles rouge-ponceau surgissent à leur tour.
Tu étires ta langue en récupère de tes doigts un étrange miel
que tu portes aussitôt à mes lèvres, à mes seins;
de mon gland jusqu’au galbé séant.

 

 

Tu n’aimes rien tant que me sentir palpiter dans ta bouche;
tu me dégustes infiniment, tandis que des plumes d’ange
tombent très lentement sur nous comme une fine pluie;
tandis que des sirènes au lointain
nous chantent leurs plus doux sortilèges..

 

 

Sois mon alcool, mon brasier, ma folie,
sois ma déesse et ma putain,
Sois le petit matin des longues nuits.

 

 

Le soleil s’attarde sur mon torse
lorsque tu le caresses.
Je veux te voir tournoyer en riant
dans des champs de coquelicots mutants.

 

 

Sidère-moi;
écorche-moi de souvenirs violents !

 

 

Fais de moi le buvard de ta cyprine et de ta lave,
de ton urine et de ta bave.
Baise-moi comme si j’allais crever demain.
Je veux mourir et ressusciter dans tes bras..

 

 

Je veux tes hanches et tes pieds dans ma bouche,
ton cul sur ma gueule et ma queue dans ta main.
L’un dans l’autre, je veux nous mélanger
encore et toujours !

 

 

Je veux tes mamelons sauvages, ta peau soyeuse,
tes épaules et ton cou..
Je veux surtout tes yeux cosmiques au fond des miens
tes cuisses et ton pubis amarrés à ma taille,
quand je viendrai cent fois sur toi pour te donner mon âme !

 

 

Je rêvasse, je me languis, je me dilue..
Entends-moi s’il te plait, rejoins-moi !
Viens contre mon épaule et contemplons
les derniers instants de ce monde-ci !

 

Je veux me noyer sans fin dans des étreintes folles;
je veux brûler d’ivresses, célébrer le feu qui me porte
et qui m’emportera jusqu’à l’ultime crémation !

 

.
 

 

 

.
 
 
TU M’OUBLIES DEJA
 .
 .
Ton silence m’envahit
 .
Hier ta lumière m’habitait 
Ce soir il fait nuit dans mon âme
 .
Tu me manques 
 .
D’avantage que le ciel bleu du Printemps
D’avantage que le sourire qui habille la bonté
.
Tu me manques
 .
Comme chaque bord de mer 
Que je contemplerai 
sans ta main dans la mienne
 .
Et je pleure ta voix en allée
Et je pleure tandis que tu m’oublies déjà..
 
.
.
.
 

 

 

.

.
.
.
 
COMME UN CHIEN ABANDONNE
 .
 .
Toi qui caressait le souhait
de devenir vétérinaire 
tu m’as pourtant abandonné 
comme un chien au bord d’une route 
battue par la tempête
 ..
Un chien qui te faisait la fête
dès que tu surgissais, 
qui se vouait à toi
de cet amour inconditionnel
dont seuls les chiens sont capables
.
Un soir tu m’as lancé le bâton 
pour mieux me laisser planté là, 
assommé sous les jets de pierres 
de tes crétins de géniteurs 
 .
Ton chien s’est cru dans un get-apens
pourtant il reste là, vaillamment 
les yeux scrutant le brouillard
espérant encore
au milieu du néant
que tu lui tendes la main
 .
Ce chien, qui avait toujours été là 
pour veiller sur toi.
Tu le laissais à présent à terre, 
blessé, enseveli de silence
à asphyxier dans ce souvenir
de tes bras grands ouverts
dans lesquels il se jetait hier
avec tout son coeur
.
Le soleil chatoyant et doux de l’automne
a laissé place à l’hiver blafard..
Tout boiteux, 
je suis allé dénicher ta meilleure amie
qui ne pipait pas mot
tandis que je pleurais ton nom,
que j’implorais ton nom..
Je te sentais déjà en d’autres lieux
à nouveau éparpillée, accaparée
par d’autres chiens moins scrupuleux
et tandis qu’ils te plantent leurs crocs
dans ta chair si tendre
je reste là, seul, 
à ronger l’os de notre amour déchu
 .
“Dans tes bras, je me sens en sécurité
chez toi, je me sens à l’abri”.
Souviens-toi de tes mots
lorsque tu étais le tout petit chiot
que j’avais recueilli
 
.
.
.

 

 

 

.

.

J’AURAIS AIME

 

.

J’aurais aimé

courir avec toi sur la plage

dans un soleil de fin d’après-midi

encore éclatant..

.

J’aurais aimé que tu me tiennes par la main

emporté par un élan

dans la griserie de la brise

dans les parfums de l’Eté rutilant..

.

J’aurais aimé

regagner

les herbes folles avec toi

gagner la colline

nous déshabiller

et faire l’amour

caressés par les rayons du soleil..

ta bouche intense

m’aurait absorbé

j’aurais adoré

sentir tes bras

m’étreindre contre toi

.

Ô oui j’aurais aimé si tu savais

j’aurais aimé entrer en toi

et sentir ta voix s’en aller

avec les oiseaux alentours

monter très haut..

.

j’aurais aimer Mélia te faire l’amour

et te donner tout mon amour..

J’aurais aimé repartir avec toi

quelque part, marcher au hasard

dans la nature sublime

dans l’Eté

dans un instant suspendu

dans le bonheur de l’Amour conjugué..

.

J’aurais aimé Mélia j’aurais aimé si tu savais

si tu savais..

.

J’aurais aimé Mélia, j’aurais aimé..

Je n’aimais que toi, si tu savais

je n’ai aimé que toi..

.

.

 

 

 

.

 

¤

¤
¤

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.
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CHEVRE-MIEL

 

 

Un petit salon avec une petite table,

une guirlande, de petites boules multicolores

Un rideau rouge

tous deux assis autour d’un pizza chèvre-miel

je passe la main sur ta joue,

je passe ta main dans tes cheveux

je suis heureux tu es heureuse

la vie parfois se résume à cela

le bonheur est si simple

lorsqu’on rencontre son âme sœur

mais tu n’es plus ici

et je ne comprends pas

tout mon salon est mort

et je ne mange plus

la guirlande est bien là suspendue

mais la magie n’est plus

tout me semble si mort

tout me semble si vide

quand tu n’es pas là

et tu n’y seras plus

tu es déjà ailleurs

à quinze mille lieux de moi

tu ne penses plus à moi

et je meurs

.

.

 

 

 

.

 

 

PETITE RITOURNELLE

.

 .

J’aimerais te rejoindre sur la plage

comme si de rien n’était

faire silence et marcher avec toi

sourire timidement

te chercher du regard

stopper mes pas, enfin

t’embrasser à nouveau

.

Mais je sais bien qu’au moment même

où je me l’imagine

un autre hommes a posé

une fleur d’éternité

sur tes lèvres apaisées

.

Alors, je sors de chez moi,

pour marcher au hasard,

je longe la forêt

qui frissonne avec moi

je cherche mon chemin

je ne le trouve pas

 .

Tu n’es venue danser

qu’une saison dans ma vie

avant que tes parents

t’éloignent soudain de moi

 .

Et depuis, je ne sais

plus vraiment marcher droit

 .

Pour moi marcher c’était

en te tenant la main

C’était déambuler

d’un sourire mutin

.

J’aimais tant tes parfums

et tes sourires enjoués

Ils ont évaporé

de ma chambre fanée

 .

Je porte à mon visage

ce pull que tu mettais

tel un enfant sauvage

avec un coquillage

contre l’oreille, bercée

par un lointain rivage..

.

Rien n’était plus radieux,

intense et merveilleux

que te voir occuper

ma vie; c’était comme si

je t’attendais depuis toujours

que je t’avais toujours connue

et que ta place était ici.

.

Mais puisque tu es repartie

il me reste les longues nuits

je te retrouve dans mes rêves

où nous irons flâner de nuit

dans des boutiques japonaises

dans des cinémas de quartier

nous danserons dans des marchés

pour amuser la galerie

et puis

.

je te rejoindrai sur la plage

comme si de rien n’était

Faire silence et marcher avec toi

sourire joyeusement

te chercher du regard

ainsi que nos enfants

ton fils tenant ta main

ma fille tenant la mienne

et chanter à tue-tête

une folle ritournelle.

 

 

.

.

 

 

 

 

.

 

 

 

ATOMIQUE AMOUR

 .

 

Lorsque tu m’as braqué avec tes beaux seins,

je n’aurais peut-être pas dû me planquer derrière mon boitier photo,

mais dévaliser d’emblée tout ton p’tit casino..

Cela t’aurait évité quelques jours plus tard,

le trauma -le fracas- de ce violent lascar dans une chambre d’Hôtel.

Cela m’aurait évité d’être shooté à bout portant

par tes parents

bien plus clichés que mes clichés de toi..

 .

Et surtout, j’aurais eu un mois de plus pour gravir le septième ciel.

 

Ils m’ont shooté bébé

Ils nous ont décimés !

 

Je nous croyais trop amoureux et solidaires,

trop heureux et trop solaires

pour que la nuit s’abatte sur ton cœur

et que tu renonces à l’immense

l’irrésistible horizon

qui s’impatientait de nous..

 

Je n’ai jamais cramé corps et âme pour un être

comme je crame pour toi.

Ta disparition si soudaine et brutale

a propagé en moi une scission atomique;

bien au delà de la fleur bleue des rêveries,

je m’anéantis d’une folle ferveur

inassouvie..

 .

Mon grand fantasme transcendant demeure inachevé

et je suis traversé de cette vibration

matin, midi et soir.

J’ai des visions troublantes qui me rendent fébriles.

 .

Moi qui voulait fusionner en troublantes ardeurs

dans l’âme de ta chair et la chair de ton âme,

je serais finalement resté courtois avec mes pincettes

pour finir dans une brouette

déversée à l’égout..

 .

Non celui de nymphette

aux faquins de la fête..

 

.

.

 

 

.

 

 

CAPITULATION (I & II)

 .

 .

Aussi contrastés que nous puissions l’être

nous avions immensément besoin l’un de l’autre.

Moi qui n’ai jamais trompé, abandonné un être,

je n’ai même pas songé que tu puisses capituler..

.

Un mois à peine après m’avoir dit

que tu tenais à ma personne de tout ton cœur,

tu me faisais savoir par le biais de ta meilleure amie,

que tu ne souhaitais pas que je cherche à te revoir.

 .

Tu n’as donné aucune explication

bien qu’elle l’ait réclamée en vain.

moi j’étais sidéré et déjà mort..

.

Tu m’avais parfois dit que tu n’te sentais pas légitime dans ma vie ;

as-tu voulu en sortir comme tu y étais entrée, fortuitement,

pour m’éviter d’être pris plus longtemps dans des tirs croisés ?

ou as-tu simplement perdu foi, l’aile dans le goudron ?

 .

Nous nous étions quittés comme toujours par d’interminables baisers

et tes derniers mots étaient des mots d’amour..

Tu m’avais déclaré que tu allais être ferme face à ton père,

pour défendre notre relation..

 .

Mais tu t’es couchée sans livrer bataille.

 .

Certes, on m’a reproché les photos que j’avais archivées de toi,

mais j’ai toujours fait suivant le même protocole !

Quand bien même ! ces clichés précédaient notre relation,

notre amour et notre amitié.

Ces photos étaient assez belles mais montraient une vérité

peut-être brutale pour tes géniteurs.

Celle d’une fille de ta génération qui pense encore que son corps

est la seule porte d’entrée vers un homme.

 .

Et j’ai craint qu’en tant qu’ homme du web, ton père traficote quelque peu

mon petit univers ; qu’il cherche à t’effrayer, me rendant sa monnaie.

Peut-être l’a-t-il fait, je n’le saurai jamais..

Quand tu m’avais dégainé tes seins

j’aurais peut-être mieux fait de te croquer

car ces clichés n’auraient dès lors pas existé ;

mais aurait-on vécu notre belle amitié ?

J’avais été intimidé par toi;

le plus vulnérable des deux, n’en déplaise à ta mère, c’est moi..

 .

Ton père t’a séquestré et sans aucun doute,

proféré quelques menaces carabinées

comme à son habitude; quelque chantage à mon encontre..

Je me suis dit qu’il devait avoir sous le coude

quelques dossiers un peu lourds

contre toi qui ont pesé dans la balance..

 .

En trois semaines seulement,

je t’avais vu faire tellement de conneries à en être écoeuré;

je te l’avais gentiment signifié

mais tu m’avais cueilli avec tes jolis mots:

tu voulais me garder dans ta vie, je te faisais du bien.

 .

J’étais ton refuge, tu te sentais en sécurité chez moi

et à l’abri dans mes bras.

 .

Et pourtant,

tu as donné mon adresse à ton père ce fameux week-end

où il a voulu te déposer depuis Paris devant chez moi..

 .

Moi qui avait goupillé tout un scénario pour nous protéger

de son tempétueux caractère,

soudain, je n’avais plus d’armure..

 .

J’avoue avoir été dérouté là encore par ton attitude..

Je me souviens de ce pervers de Sugar daddy

qui t’avait forcé la main,

tu t’en étais confiée à la meilleure amie de ton père..

C’est comme si tu cherchais à chaque fois une opportunité

de le provoquer..

Est-ce inconsciemment pour lui faire payer,

d’avoir délaissé et broyé ta mère ?

 .

Tel père, telle fille:

tu m’as planté froidement sans te retourner

sur mon agonie..

Moi qui t’avait toujours tendu la main

tu m’as coupé les bras et les jambes.

 .

Ton père, lui, t’a coupé ta ligne de smartphone,

Il a dû y trouver de quoi casser des murs avec sa tête :

tous ces messages de casos qui s’entêtent

à vouloir te casser le cul..

 .

Ta mère a évoqué, m’a invoqué dans un texto lapidaire

une protection psychiatro-juridique pour m’inviter à ne plus te parler.

Elle savait pourtant que sa fille était heureuse avec moi,

suffisamment pour m’avoir fait parvenir un calendrier de l’avent,

avant de découvrir mon âge et les seins de sa fille

en photographie..

 .

Quelle ironie là encore, que ce calendrier

qui débutait le premier jour de ton silence..

 .

Ton père avait capté dans ce dernier texto que je t’avais dicté,

que ce n’était tes mots sinon les miens,

tu étais sous ma coupe, à ses yeux dangereux,

il a alors fouiné, m’a enfin trouvé sur le net.

 .

Il s’est trop vite imaginé que j’exploitais ta petite âme fragile,

alors que tu t’étais placée par toi-même dans mon orbite.

J’avais au contraire aspiré à te protéger.

Tu m’avais vaguement évoqué

une période de ta vie compliquée :

anorexie, boulimie, potomanie..

Je songe notamment à tes addictions à la Weed,

et aussi à la stimulation clitoridienne

qui t’ont fait trop souvent atterrir

chez des loups faquins..

C’est tantôt effrayant, tantôt très excitant

de me l’imaginer..

Etais-je devenu ta nouvelle addiction ?

Et t’a-t-on invité à te sevrer de moi ?

.

Ton soleil est en Verseau et ta Lune en Gémeaux.

Mars est en Bélier.

Versatilité et coup de tête ; papillonnage et liberté.

Tu sors de la cabine lorsqu’elle vient à pressuriser..

.

Notre amour était si doux et si léger,

je croyais tant que nous étions un couple,

un vrai..

Et désormais tu es l’absence même

toi qui avait su pourtant si bien chasser

la solitude de ma vie..

 .

Elle est revenue avec des chaînes lourdes

avec ton nom en Majuscules d’Or..

 

.

.

 

 

 

.

 

JE SUIS TIEN

 .

 

As-tu considéré

que la situation

était trop empesée

que tu n’étais pas majoritaire face à tes parents

malgré ta majorité ?

 .

J’ai assez peu apprécié d’être diabolisé

moi qui m’était donné à fond

 .

pour ton bonheur

pour notre histoire

 .

malheur et désespoir..

 .

Tu te disais rebelle, mais en vertu de quoi ?

J’ai affronté la meute et le silence sans une alliée de poids..

 .

Fallait-il renoncer à notre amour pour satisfaire tes vieux

qui n’me connaissent pas ?

 .

Tu racontais à ta mère ainsi qu’à tes psys

que je te faisais un bien fou, que je te donnais envie

d’aller de l’avant..

 .

Qu’ ont-ils pu goupiller pour t’effrayer de nous ?

Epanouie sous mon toit et malade sous le leur :

cherchez l’erreur..

.

J’étais resté courtois avec ta mère

jusqu’à ce qu’elle me parle comme à un chose inerte.

Alors je lui ai balancé à la gueule

tous les dossiers qui assurément font d’elle

une pauvre cruche, un mère indigne.

On me voulait du mal, je suis devenu le mal..

.

As-tu préféré le silence plutôt que m’avouer de vive voix

que tu déposais les armes à leurs pieds;

qu’on en resterait là ?

 .

Tu ne te voyais pas faire une révolution

soudainement dans ton existence

pour un homme que tu ne pensais pas pouvoir combler.

Je n’étais donc qu’une petite parenthèse enchantée.

 .

«Bloque-le» ordonnas-tu à ta meilleure amie,

à qui je me confiais,

qui n’a pas obéi.

Elle-même t’a trouvé pour le moins inhumaine,

ne te comprenait pas.

 .

Soudain je n’avais plus le droit de t’approcher,

j’étais ghosté

que c’est laid..

 .

Voulais-tu t’éloigner émotionnellement

le temps d’être rapatriée à Cannes,

chez ta maman

et puis couper les ponts,

trop empesée pour m’adresser cette douceur,

cette chaleur qui nous tissait

ensemble

Ton père qui a presque mon âge,

-tu me l’avais vieilli-

n’en pouvait plus de tes outrages..

Je me suis parfois demandé,

si tu te vengeais de lui inconsciemment

pour tout le mal qu’il avait fait

à ta petite famille,

à ton anorexie passée..

 .

Lui qui t’avait menacé de te dénoncer aux flics

pour tes trafics de weed et de Sugardaddy

je l’imagine très bien fouiner dans ton smartphone

et dénicher des choses  

que tu aurais omis de m’évoquer,

et qu’il t’aurait promis de révéler

si tu me revenais.

 .

Mais quand bien même..

aimer c’est s’efforcer, persévérer.

Peut-être que

pour un Verseau versatile

qui se voue au moment présent

un cailloux dans la shoes et c’est affaire classée..

 .

Moi qui pensait que notre force

c’était de dialoguer dans le respect..

 .

As-tu soudain déprécié

la chance inouïe que nous avions

de nous être trouvés ?

Tout ce bonheur que nous trouvions ensemble

dans chaque petite chose..

nous en avions de belles à vivre:

c’était dans nos mains comme une providence.

 .

M’as-tu assimilé au bout du compte,

à une expérience d’avantage qu’à une relation ?

Il est grisant lorsqu’on est jeune de fréquenter un homme mûr

aux petits soins et affectueux, toi qui, comme Melody Nelson

n’avait jamais connu une étreinte tendre..

Toi qui surtout, n’avait jamais connu un homme

qui se consacre d’avantage

à ton plaisir qu’au sien..

 .

..et Dieu sait à quel point

je reste sur ma faim !

 .

Un faquin vient piller, salir, écarteler

là où j’aurais sculpté pour l’âme de ta chair

des totems sacrés.

J’en demeure fébrile, infiniment frustré ;

je voulais évoluer dans un doux crescendo

Chaud, de plus en plus chaud..

Mon volcan qui grondait de désirs secrets

a perdu le rivage, qu’il voulait abreuver.

 .

Tu hantes mes pensées

et souvent mon bassin,

j’ai du mal à lâcher ta main ;

mon cœur a toujours foi,

mon corps ne veut que toi

C’est vraiment compliqué pour moi..

 .

Tu me disais que j’étais bien plus qu’un simple compagnon,

que j’étais ton meilleur ami,

que j’avais un rôle protecteur vis à vis de toi..

A aucun moment pourtant,

tu n’as songé que tu devais me protéger à ton tour..

Tu m’as laissé glisser sans fin vers le néant

et j’ai chuté brutalement d’un infini bonheur

au pire enfer qui soit.

 .

M’as-tu déjà tout évidé de tes pensées ?

Suis-je un bibelot sur l’étagère des souvenirs à esquiver ?

As-tu déjà un nouveau Prince pour couronner ton quotidien ?

 .

Moi je te pleure chaque jour, chaque jour je te désire plus que jamais.

Toi qui ne comprenait pas ce que je te trouvais,

sache que l’amour que tu me vouais

était plus précieux qu’aucun autre,

que notre relation était plus belle et plus précieuse

qu’aucune autre à mes yeux..

Je vais traîner cette vérité là

dans ma chair et dans mon âme

jusqu’au jour de me mort.

.

Tu resteras toujours quelque part, à vibrer au plus profond de moi.

Je me dirai que tu marches avec un autre en souriant sur une plage,

et que j’aurais pu être là pour partager un Printemps,

un Eté avec toi.

.

Je voulais l’ivresse du bonheur dans nos sourires et dans nos pas..

Je voulais danser, baiser, festoyer, m’esclaffer..

Je voulais t’enlacer, voyager, partager

des films et des concerts ; des rues, des paysages,

des contemplations sages, des vertiges d’ivresse..

.

Je t’ai dans la peau, dans le cœur et la tête,

Tu m’obsèdes si tu savais à quel point

je suis tien 

 

.

.

 

 

.

 

VIVRE TON DESTIN

 .

 

J’imagine d’autres hommes

qui te font l’amour mieux que moi

qui te révèlent tout à fait à ton plaisir..

qui déverrouillent en toi les portes

que je n’ai pas eues le temps d’ouvrir..

.

Je suis chacun de ces hommes

que tu rencontreras,

je suis un peu de chacun..

.

J’aimerais être là chaque instant

pour vivre ton bonheur,

pour vivre ton destin..

.

J’aurais aimé que notre histoire

ne soit pas entravée

et qu’elle s’étire

comme mon sexe, comme ton sexe..

comme ta main qui cherchait ma main..

 

.

.

 

 

.

 

LA ROUILLE

 .

 

Un beau jour je vais mourir

et tu seras ailleurs

tu m’auras oublié

tu seras même peut-être en train de rire aux éclats

de faire l’amour à ton homme

 .

Un beau jour je vais mourir

avec l’immensité d’un amour

qui vibrait si fort..

.

Tout cet amour que j’étais voué à te donner

et qui est resté là

comme un avion superbe et rutilant

qui se rouille dans son hangar.

 

.

.

 

 

 

.

 

JE SERAI LA

 .

 

Quand bien même tu n’es plus là

j’ai trop besoin de toi

je vais m’imaginer que tu es à mes côtés

quand je déambulerai sur les quais de Paris

Je vais m’imaginer que tu es là

que tu es bien, que tu me souris..

Mes larmes couleront sans fin

surtout si je te croise fortuitement

que tu es toujours dans Paris et non à Cannes

comme me l’a dit ton amie

Et si je te croise

si je revois tes yeux

le vent emportera mon corps

emportera mon âme dans l’instant même

je me disperserai en mille embruns

dans la brise du printemps..

Une fine bruine se déposera sur toi avec le soir

 .

Je veillerai sur toi pour toujours mon amour

je serai là

pour te laver de la brutalité du monde.

 .

Mon amour je serai là

je t’accompagnerai

ne t’inquiète pas

tu ne seras jamais seule

Quelque part ailleurs

j’aurai ma main sur ton épaule

je mettrai une accolade chaleureuse

pour accompagner chacun de tes pas

dans le monde

 .

Ne pleure pas

ne pleure pas

ne m’entends tu pas ici et là partout

partout où tu te sens abandonnée je suis là..

 .

Je t’aime

si tu savais à quel point je t’ai aimée

si tu savais à quel point

je suis pétri d’éternité pour toi..

 .

Regarde dans le vaste horizon

que déploie l’océan

regarde bien

regarde bien tout au bout

regarde cette blancheur

cette vapeur

ces volutes, ce sont moi

ils sont loin mais ils sont là

ils veulent t’habiller de réconfort

ils veulent se draper tout autour de moi

pour te protéger de ces mains malhabiles

qui vont plus d’une fois

vouloir te saisir

te prendre,

te pétrir..

Je suis là, je suis là

sache le

je te chuchote à l’oreille que je t’aime pour l’éternité

crois-tu que je puisse t’oublier ?

Non je ne peux pas non, non

Je t’aime infiniment

bien au delà de ce que tu as pu imaginer..

.

.

 

 

 

 

.

 .

 

JAMAIS PLUS, JAMAIS

 .

 

Jamais plus je n’aurai une âme sœur comme toi.

 .

Jamais tu ne sauras à quel point

tu me rendais heureux de ta seule présence.

 .

Jamais plus je n’éprouverai un sentiment d’évidence

en te voyant entrer dans ma voiture,

car tu n’y entreras plus jamais.

 .

Jamais notre merveilleuse relation

n’aura eu le champs libre de se déployer.

 .

Jamais plus je n’aurai de nouvelle de toi

ou alors peut-être, mais je me briserai de mille émotions

comme un vase, au sol.

 .

Jamais je n’aurai le plaisir de recevoir une petite carte mignonne de ta part

ou une lettre.

 .

Jamais plus je ne serai honoré de te savoir impatiente de me retrouver.

 .

Jamais plus je n’aurai l’occasion de m’émerveiller

du raffinement de ton accoutrement..

.

Jamais plus je ne recevrai tes messages vocaux,

si frais, si enjoués, si espiègles..

 .

Jamais nous ne materons un bon film ensemble.

.

Jamais plus je ne m’enivrerai des parfums raffinés, délicieux de ta peau.

 .

Jamais plus je ne resterai scotché dans tes yeux.

 .

Jamais je ne comprendrai comment tu as pu concevoir

que tes parents nous séparent pour de bon.

 .

Jamais plus je ne t’aiderai à aller de l’avant

et à affronter l’hostilité du monde.

 .

Jamais nous ne flânerons dans Paris avec bonheur,

ur les quais puis dans de vieilles libraires,

à rêvasser près des lampions des restaurants.

 .

Jamais nous ne verrons un concert ensemble.

 .

Jamais nous ne partirons en voyage tous les deux.

 .

Jamais plus les heures ne défileront merveilleusement vite.

 .

Jamais je ne saisirai comment deux amoureux

qui se font un bien fou peuvent être séparés

et tenus de laisser mourir leur amour.

 .

Jamais je ne saurai ce qu’on t’a dit pour te persuader de renoncer à moi.

 .

Jamais je ne saurai ce que tu t’es dit pour en arriver à me tourner le dos.

 .

Jamais je ne saurai si je t’ai blessé,

si tu m’en as voulu pour ces photos archivées.

 .

Jamais tes parents ne sauront la douleur qu’ils ont causé

en lacérant violemment notre précieux cocon.

 .

Jamais je ne saurai si tu m’as menti parfois.

 .

Jamais tu ne sauras à quel point tu me manques.

 .

Jamais nous ne nous assoirons tous les deux près d’une dune sauvage,

face à la mer, tranquilles.

 .

Jamais plus ton corps si familier ne sera mien sinon celui de tant d’autres,

moins lents à assouvir les transcendantes luxures que tu sais inspirer.

 .

Jamais plus je ne tiendrai ta main en déambulant.

 .

Jamais tu ne sauras à quel point je t’ai pleurée et je te pleure encore.

 .

Jamais plus je n’entendrai ta voix.

 .

Jamais plus je ne te réchaufferai de mon timbre et de mes bras.

 .

Jamais plus je n’embrasserai ta bouche indéfiniment, l’âme grisée.

 .

Jamais plus je ne serai saisi de te voir surgir dans ma voiture,

plus vivante et belle que dans un souvenir

de quelques jours à peine.

 .

Jamais nous ne partagerons un Printemps fleuri.

 .

Jamais plus je ne serai empli d’une telle quiétude bienheureuse

que celle qui fut la notre.

 .

Jamais plus tu ne seras mon amie.

 .

Jamais plus tu ne chercheras ma main pendant que je te fais l’amour.

 .

Jamais tu ne sauras à quel point ton amour était le le soleil de ma vie.

 .

Jamais je n’ai éprouvé une si vive tristesse.

 .

Jamais plus je n’éprouverai un tel bonheur

dans les plus petites choses du quotidien.

 .

Jamais plus je ne reverrai ton visage.

 .

Jamais tu n’aurais dû couper le dialogue.

 .

Jamais tu ne sauras le vide que tu laisses.

 .

Jamais je ne m’amuserai à jouer le prince de ton cœur

en tenant tes deux mains

pour te faire chaque jour

une demande en mariage.

 .

Jamais plus il ne m’arrivera de rêver en secret

d’un foyer plein de charme, d’amour et de fantaisie.

 .

Jamais tu ne sauras à quel point j’avais besoin de toi.

 .

Jamais plus tu ne penseras: cet homme est fait pour moi.

 .

Jamais plus tu ne reviendras chez moi.

 .

Jamais on ne devrait séparer deux êtres qui n’ont pas achevé de vivre

ce qu’ils avaient à vivre ensemble..

 .

Jamais je ne saurais te croiser à nouveau au bras d’un autre

sans mourir sur le champs d’une infinie blessure.

 .

Jamais je parviendrai à me dire

que je dois faire de toi un souvenir délavé, un écho lointain,

oh mon amour, quel horreur que cette idée là..

 .

Jamais tu ne sauras que tu étais la femme de ma vie.

 .

Jamais plus tu ne me diras je t’aime, je pense fort à toi, tu me manques.

.

Jamais plus tu ne m’aimeras et j’en crève.

 .

Jamais je n’aimerais te revoir à titre de simple pote,

alors que nous avions mille choses à vivre

dans les plein feu d’un amour intense.

 .

Jamais plus nous ne nous reverrons.

 .

Jamais le destin n’avait eu autant raison de réunir deux êtres

et aussi tord de les séparer.

 .

Jamais plus l’horizon ne me semblera aussi immense

qu’il l’était avec toi.

 .

Jamais je ne partagerai avec toi un soleil d’Eté

se couchant sur la ligne d’horizon.

 .

Jamais plus je ne saurais souffrir à ce point.

 .

Jamais je ne saurai tourner la page, car mon livre c’était toi.

 

 

.

 

 

 

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Nous sommes le 18 Juin 2021.
Le 18 Juin date du fameux appel -au sursaut- du général de Gaulle. En temps de guerre, tu n’aurais pas été dans la résistance, c’est certain: les ventres-mous s’illustrent le plus souvent en tant que traitres et collabos.. C’est l’image effroyable que tu m’as donné à voir de toi en Décembre dernier.
“Je serai toujours une oreille attentive. Je n’abandonne pas les gens. Pour rien au monde je ne voudrait te perdre”. Tu adores te badigeonner de jolis mots mais dans les faits tu n’as aucunement cherché à me sortir de la noyade lorsque tes parents m’ont torpillé. Tu m’as laissé couler sans même m’adresser un mot. Moi qui te tendait la main au quotidien, j’ai été consterné par ta médiocrité d’âme.
L’Amour, le bonheur, l’amitié, le bien-être, sont autant de choses qui ne valent pas la peine d’être défendues face à des géniteurs qui ne savent que trop bien ce qui est bon pour leur fille ! Il est vrai que tu n’as jamais cessé de développer maladies, pathologies et fréquentations calamiteuses sous leur toit, ce qui relève bien évidemment d’un Amour immense et d’une intuition subtile de leur part pour ta personne !
Et tels parents, telle fille: je n’ai pas souvenance que tu aies jamais dressé une oreille attentive à mes problématiques existentielles à considérer que c’était essentiellement moi qui était préposé à écouter les petites misères que tu subissais au quotidien. Ou plutôt que tu choisissais de subir: tous ces vicelards insipides et vulgaires qui te prenaient salement et que tu t’excitais de rejoindre malgré tout, histoire de déchanter de plus belle dans la foulée; tes collègues de boulot qui se plaisaient à faire de toi leur plante verte; ton père, enfin, qui se complaisait à te rabaisser, à te menacer du matin au soir..
Il faut croire que c’est pour satisfaire l’autorité de ce petit taureau tempétueux que tu m’as dégondé. Il n’a strictement rien à foutre de toi lorsque vous vous trouvez dans la même pièce mais il te suit à la trace lorsque tu en sors..
Tu m’as répudié peut-être encore d’avantage pour satisfaire ta cruche de mère dans sa posture d’autruche.. Cette femme qui a osé faire de ta vulnérabilité un argument souverain ! Mais quel foutage de gueule..
Une demoiselle qui s’empresse d’aller se taper un Sugardaddy , de le revoir pour de la dentelle puis qui enchaîne un lascar ombrageux pour se faire déboiter dans une piaule d’Hôtel, n’est pas vraiment la plus fébrile des oies blanches, si je puis me permettre.. Je dirais plutôt une petite écervelée, téméraire à se prendre des murs, qui se laisse gentiment vivre et délègue à ses psys le soin de concocter des rhétoriques agréablement déculpabilisantes. Du genre “Je l’ai cherché mais je ne l’ai pas voulu”.
Le pragmatisme enlaidit le monde. La poésie lui donne sa vraie dimension. Et ta génération n’a pas les capacités à se hisser jusque là. C’est face à l’embuche que se révèle les êtres possédant une âme de ceux faisant mine d’en avoir.
Ainsi donc, derrière tout le miel que tu me déversais, il y avait un piège à loup qui patientait..
A l’origine, lorsque tu as cherché à me fréquenter, je t’ai fait part d’un certain dégoût concernant tes moeurs. Tu semblais te donner au tout venant et j’étais tout l’inverse de toi. Je ne voulais pas trop savoir dès lors comment tu trouvais l’argent pour ta weed.. Mais déjà j’étais attelé à ramasser les casseroles nombreuses que tu laissais se fracasser sur ton passage. J’ai toujours eu cette vocation destructrice de jouer les bons samaritains. J’ai absorbé toutes tes ondes maladives dans l’idée un peu trop romantique de les recycler en rivages apaisants..
En éventrant notre relation, tes parents m’ont condamné à rester imprégné de cette mare gangrénée dans laquelle ils ont ajouté leur plomb, leur boue et leur goudron.
Tu as voulu me fréquenter et je t’ai donné tout de que je pouvais te donner. Tu as pris ce qu’il y avait à prendre et cela t’a d’autant moins coûté de tourner les talons que tu n’avais rien mis dans l’escarcelle. Ce qui importait pour toi c’était de pouvoir te dire que tu étais enfin aimée par un garçon. Tu n’avais jamais véritablement d’initiative à mon endroit, tu te le laissais gentiment cajoler, bichonner. J’étais là pour te donner l’attention et le réconfort que ni tes parents, ni tes amis n’étaient foutus de te témoigner.
Je suis tombé amoureux de ton âme espiègle, je me suis laissé attendrir par la femme-enfant, et je me suis totalement voué à ta personne. Tu étais heureuse, et j’étais heureux que tu sois heureuse, que tu te sentes enfin bien quelque part.
Du matin au soir il s’agissait d’être attentif à ta personne et mes tracas n’étaient jamais évoqués ou si peu. J’étais l’ami que tu n’étais pas pour moi. Dès lors, il suffisait qu’une conne parmi tes amies inconstantes décrète que j’étais un mauvais choix pour que ton humeur, ton bonheur soit remis en question.
Quand on aime, la ferveur est inébranlable. Il aurait fallu que je sois tamponné, validé par l’ensemble de ta bande de clowns sinistres, comme un dossier administratif pour ton contentement. Sauf que le principe même de l’Amour c’est de l’imposer avec l’autorité du coeur. Mais tu es de cette génération où la Philosophie consiste à se conformer à la volonté de la masse, en particulier lorsque cette volonté est impersonnelle et écervelée.
Du reste il n’y a pas trace d’Amour dans le Rap américain, dans les chorés Tiktok, dans la K-pop, dans les Disney en image de synthèse bien laides..
Tes parents exigeaient que tu reviennent à leur pied, que tu retrouves leur laisse, toujours plus acérée. Tu avais empilé les souffrances sous leur toit, tu te sentais en sécurité sous le mien, mais malgré tout, tu es retournée chez tes tortionnaires. Ce père pour qui tu étais une ratée, cette mère qui trouvait que tu puais..
J’étais ton refuge et pourtant tu as révélé mon adresse à ton père ce fameux week-end où il a découvert coup sur coup que j’avais un âge un peu trop proche du sien et que je photographiais parfois les filles torse-nu.. C’est sous couvert de ces photographies que ta mère m’a interdit de t’approcher à nouveau. Elle m’a dit être écoeurée que je me sois permis de publier des visuels à ton insu.. Je me suis alors permis de lui signifier que j’archivais toujours mes photos invariablement sur les mêmes passerelles depuis une douzaine d’années du simple fait d’être photographe-artisan, et qu’une compagne qui s’intéresse un tant soit peu à son mec n’est pas sensée l’ignorer.. Je n’avais pas d’activité communautaire sur ces passerelles et dès lors très peu de photographes avaient eu le loisir de tomber sur ces photos. Quoiqu’il en soit, tout comme un boulanger ne jette pas ses baguettes au sortir du four et un photographe ne met pas aux clous les photos qu’il vient de retoucher.
J’aurais pu du reste signifier à ta mère que tu avais choisi de dégainer ta poitrine dix minutes à peine après avoir franchi le seuil de ma porte et que je m’étais gardé de profiter de la situation par volonté de partir sur d’autres bases: celles de l’amitié. Et c’est pourquoi, l’écoeurement s’est surtout posé durablement de mon côté, car de toute évidence, tu t’es posée comme victime. Comme tes parents, rien ne t’incombe. J’ai tenté d’envoyer des captures d’écran prouvant que je t’avais mis au courant via la toute première appli où nous avions échangé. Mais ta boite mail, ton Insta ont été dès lors clôturés. J’ai vraiment eu l’impression de vivre une conspiration excessive et grotesque, incroyablement nocive.
Ta mère ne savait pas à quel point je t’avais encouragé à chercher un job plutôt qu’à courir les Sugar daddy, comment j’avais tout tenté pour éviter que tu rejoignes ce type qui t’a abusé et sali dans une chambre d’Hôtel. Cette dame, n’a pas été capable de faire la part des choses. Tu m’avais dit lui avoir exprimé ton épanouissement à mes côtés, ton désir d’aller de l’avant. J’ai senti que cette affaire de shooting n’était qu’un prétexte. Ton père craignait que j’ai un ascendant sur ta personne pour avoir rédigé certains de tes textos à ta place. Mais ça m’emmerdait plus qu’autre chose que de le faire. Je n’aurais effectivement pas dû encourager ta passivité. Je pense qu’il a surtout eu peur que je prenne sa place de père et que je réussisse mieux à t’éduquer en quelques semaines que lui en toute une vie.
Durant l’Automne, j’avais été le seul individu de ton entourage à m’être soucié de ton bien être et désormais les gens qui t’entouraient et toi-même me déversaient tout le goudron possible.. J’ai vraiment eu le sentiment que vous cherchiez la meilleure façon de me pousser au désespoir puis au suicide. Vous avez été totalement inhumain avec moi. A part ta meilleure amie qui s’est rangée de mon côté.
Toi qui n’avait jamais cessé de me solliciter du matin au soir, tu lui notifiais désormais que tu ne souhaitais pas que je tente de te recontacter et de te revoir. Je n’avais pas eu droit à un dialogue, pas même à un mot de ta part. Le mépris, la lâcheté, la répudiation. Tous mes souvenirs touchants de notre relation atypique qui s’efforçait de perdurer vaillamment étaient soudainement salis, détruits, balayés. Brutalement mon histoire d’amour prenait l’aspect d’une sinistre mascarade. et je ne parle même pas de la honte que ça a occasionné pour moi qui avait chanté tout autour de moi l’Amour que j’éprouvais pour ta personne..
Je t’ai envoyé une lettre de quinze pages restée sans réponse, puis j’ai enregistré un double album en trois mois pour tenter de sauver quelque chose de notre histoire tout en tentant de purger ma souffrance en vain. J’ai pleuré cinq mois durant chaque journée. Jamais je n’avais eu à vivre une expérience aussi injuste, aussi sale, aussi stupide.
Tu avais choisi de finir notre relation sur une posture d’une mesquinerie inouïe, j’ai souhaité répondre par un geste artistique d’envergure. Si tes parents tombent sur ce disque ils ne pourront pas faire autrement que constater que je t’aimais profondément, que j’avais vraiment besoin de toi et le désir ardent de partager mille choses épanouissantes en ta compagnie. L’enjeu de l’existence est d’être heureux plutôt que d’être conforme, tu comprendras cela un jour..
Déployer les ailes d’une relation cela prend du temps, notamment dans l’intimité. Je me suis demandé si je devais regretter de ne pas t’avoir sauté dessus la première fois que tu étais venue chez moi car tu n’aurais pas rejoint ce connard qui t’a déboité, traumatisé et entravé dès lors, ta sérénité dans certains contextes de l’intimité. Et surtout, je n’aurais jamais fait ces putains de photos. Ta mère ne saura jamais que si j’avais attrapé mon boitier, c’était pour me protéger de ton audace à mon égard. C’était moi le lapin pris dans les phares et non l’inverse.
Je n’avais pas pas prévu de te photographier chez moi, encore moi torse nu. Il se trouve que durant le premier déconfinement (du Printemps-Eté 2020), chaque personne que j’avais photographiée s’était désapée devant moi sans crier gare. C’était presque un syndrome. Je ne suis pas responsable des trips des gens.
Si tu n’avais pas le courage d’affronter la volonté de tes parents hostile à ma personne, tu aurais pu au moins m’écrire une lettre, faire un geste. J’étais près à te donner ma vie et j’ai constaté amèrement que tu te foutais complètement que j’agonise. Je m’étais battu pour toi le temps qu’aura durée notre relation et tu ne t’es aucunement battue pour moi.
Je me suis demandé si tu étais sous tutelle, si ton père t’avait fait du chantage après avoir trouvé des choses compromettantes dans ton téléphone qui auraient pu me décevoir. Un Sugar, un ex, un lascar, un collègue à qui tu aurais pu te donner en arrière boutique pour du fric, des joins, de la dentelle ou pour rien. Je me suis demandé si tu t’étais recasée à Noël avec un de ces pures teubés que tu affectionnes pour passer hâtivement à autre chose; si on t’avait foutu dans un institut, si tu étais véritablement malade mentale (parfois tes yeux devenaient mat et inquiétants), si tu avais eu un geste malheureux. Enfin je me suis demandé si tu avais orchestré la fin de notre relation car, dans le fond, cela t’arrangeait de te débarrasser de moi. Un peu comme si tout ce qui gravitait dans ton univers était une addiction temporaire que tu devais remplacer par une autre.. Je ne sais pas trop ce qui avait été goupillé dans mon dos pour ternir mon image, tu avais le loisir de t’exprimer auprès de moi si tu avais quelque chose à me reprocher. J’avais balancé à chaud quelques dossiers que tu m’avais confié à la face de ta mère, car j’étais outré par son petit ton condescendant, et surtout, j’en avais plein le cul des menaces alors que j’étais bien la seule personne à se soucier vraiment au quotidien de ton bien être..
Toi tu pouvais te faire une idée de ma personne car je m’étais exprimé longuement auprès de ton amie à coeur ouvert, puis à travers mon double album. Tu pouvais te rendre à tout moment sur le net pour lire les nombreux billets que j’avais postés pour exprimer mon désarroi. Mais de mon côté, je n’avais rien à consulter. Tu avais disparu du net. Je ne pouvais pas t’écrire. C’était vraiment dégueulasse. Je me suis demandé comment tu pouvais assumer cette posture, comment tu pouvais te regarder dans la glace. Je sais que lorsque quelque chose tourne mal dans ton existence tu es pressée de passer à autre chose. Mais tout de même.. Plutôt que de me parler tu as demandé à ton amie de me bloquer. Tu t’es comportée comme une ordure, il n ‘y a pas d’autre mot. Tu as ruiné une relation heureuse, détruit nos souvenirs, l’Amour et même l’amitié que j’éprouvais pour toi; les mille et une choses que je souhaitais partager avec toi. Et cela par pure lâcheté, pour contenter une bande de sinistres connards. Car ce qui a été orchestré à ma décharge est vraiment minable.
J’ai pas oublié que tu as préféré m’inviter à faire une main courante contre ton père plutôt que de lui parler de notre relation au téléphone. Tu es vaillante pour aller débusquer des crevards mais pas pour défendre une relation amoureuse.. Donc je vois bien ce qui a dû se passer en huit clos.. Tu me disais parfois que tu n’avais pas de caractère. Le problème c’est de se complaire à s’en convaincre pour d’autant moins prendre ses responsabilités.. Tu n’assumes pas tes choix, tu fais tout en cachette, et au final, tu fais beaucoup de dégâts sur toi-même et sur les autres.
Je ne sais pas si il y avait un amant, un juge des tutelles, une MST, une TS, une arnaque ou une mascarade en arrière décors. Je suis resté à turbiner seul. Tu n’as pensé qu’à sauver tes meubles à toi. Quand bien même tu aurais opté de me protéger de tes parents (c’est la seule circonstance atténuante que j’ai pu trouver), je savais parfaitement me défendre.
Certes, notre relation était atypique, voire dérangeante pour certains, mais nous étions bien, nous nous apportions mutuellement ce dont nous avions besoin. Et quand bien même cela n’aurait pas duré, il y avait trop de choses à partager à deux pour tout déverser à l’égoût de la sorte. C’est parce qu’il n’y a rien de sacré à tes yeux que tu as sacrifié ta vertu à tant de lascars dégueulasses. Moi je voulais prendre le temps de bien faire les choses, de cheminer avec toi. Au final, tu as choisi seule de débrancher notre couveuse. Notre relation est morte dans l’oeuf. Ce que nous avions partagé de touchant, tu l’as nécrosé. Pour moi c’est un meurtre. Une relation c’est comme un être, c’est vivant.
Toi qui avais vocation de devenir vétérinaire, tu m’as pourtant balancé sur le bord de la route sans aucun scrupule. Mais cela ne m’étonnerait pas que d’ici quelques années, tu te rendes enfin compte que dans une existence, les rares personnes disposées à se vouer à la tienne méritent autre chose que d’être répudiées et traitées comme des tapis à chiotte.
200 jours après avoir été écarté par ta mère, je n’ai plus rien à ajouter.

Il n’y a pas de vaccination contre la laideur du monde, hormis la poésie. Et c’est pourquoi j’ai opté pour elle, histoire de sauver un tant soit peu mon âme et ma dignité.

Tant mieux pour toi si tu considères que la tienne est sauve.

~

Cela fait cinq mois,

jour pour jour, heure pour heure,

que la fille que j’aimais a disparu des radars

suite à l’entrave soudaine et violente de ses parents..

 

Alors je vais digresser comme il y a cinq mois,

divaguer de détresse,

car oui, je suis encore hanté par Mélia,

pas son soudain silence,

fils absence implacable..

 

Je pense à elle chaque jour ;

J’ai pleuré chacun des jours de l’Hiver, et je pleure encore

d’un ineffable dépit..

Je croyais avoir scellé une vraie amitié, un véritable amour..

 

Quand on se voue à un être et qu’on y met tout son coeur

être désavoué et jeté du jour au lendemain,

c’est infiniment sinistre;

terriblement constant.

 

En effet,

bien que notre écart d’âge fut incongru,

nous avions profondément besoin de l’un de l’autre;

nous nous rendons heureux

nous en parlions avec panache autour de nous..

 

Éprouver du bonheur

dans les plus petites choses du quotidien

est assez rare

pour être considéré à sa juste valeur.

 

Nous avions le désir de partager mille choses ensemble,

et l’idée que cela doive s’arrêter par la force des choses

n’était pas un souci.

Nous vivions l’instant présent..

L’important était de vivre

ce pourquoi le destin nous avons réuni..

 

Nous nous apprêtions à mettre notre couple en orbite

lorsqu’un missile l’a pulvérisé en plein vol..

Je m’en suis trouvé abattu, délavé, sidéré; interdit.

J’avais foi en elle, j’avais foi en nous.

Nous avions enfin le désir mutuel d’aller de l’avant ;

nous étions bien plus fort ensemble.

 

Cette relation que je pensais éminemment humaine

avait tout son sens à mes yeux.

 

Jusqu’à ce que je me fasse ghoster

et que tout ce en quoi je croyais s’effondre :

l’Amour..

 

J’ai réalisé un double album -rien de moins-

pour exprimer tout ce qui m’a traversé

de part en part

depuis la disparition de ma promesse..

Mes amis ont été bouleversés

en écoutant ma voix dérailler..

 

Il n’y a que peu que moi pour me consacrer

une oeuvre dantesque

à une personne qui m’a abandonné..

 

Je considère qu’un bouquet poétique

qui a -au passage- reçu deux prix littéraires

est la meilleure réponse qui soit

à cette saloperie contemporaine

qu’est le ghosting..

 

Moi qui n’ai jamais délaissé

de ma vie entière

j’avoue que cela me dépasse..

Génération TikTok = petit coeur en plastoc ?

 

On est ce qu’on fait.

 

Elle fut déloyale.

Un peu teubée peut-être aussi..

 

Si Mélia m’avait abordé quelques mots

au milieu de la tempête

je ne serais sans doute pas encore là

à digérer..

 

Mais ce sont toujours ceux

qui prend la fuite,

se désolidariser par manque de cran

qui sont rattrapés bien plus tard

par ce qu’ils ont gâché..

 

Il paraît que la demoiselle a tourné la page,

du moins, c’est ce que m’avait dit sa meilleure amie.

 

La petite chérie m’avait pourtant déclaré

qu’elle ne m’abandonnerait jamais,

qu’elle serait toujours à l’écoute..

 

Mélia ne souhaitait pour rien au monde me perdre;

Mélia m’aimait de tout son cœur..

etc..

 

On dit parfois ce genre de choisi

lorsqu’un seul être aux alentours

se soucie de vous.

 

Un autre homme, probablement

m’a remplacé à l’orée de l’Hiver;

je n’étais peut-être plus déjà

qu’une vague bouée..

 

Nous n’avions ni argent ni situation,

et je suppose qu’elle a dû se dire

que notre cocon de plumes, désormais éventré

n’avait plus d’avenir, sinon en Enfer..

 

Moi j’étais prêt à changer de boulot, à changer de région

pour rester près d’elle.

Finalement je suis plus romantique et fougueux

que les jeunes de sa génération..

Elle qui avait coutume d’enchaîner les relations courtois,

elle saura retrouver ses marques, sans aucun doute..

 

J’ai déclaré à son amie que je l’aimais à en crever

et je ne fus pas loin de crever..

 

Lorsque j’ai quitté ma toute première compagnie,

je suis resté neuf années seul.

Ou, je n’ai jamais éprouvé un sentiment plus pure

que pour cette femme-enfant.

Imaginez dès lors, dans quel état fut mon cœur

lorsque j’ai découvert que le sien était creux..

 

Peut-on abandonner son homme ainsi

sans avoir le coeur creux ?

 

On raconte que les Verseaux

n’ont aucune empathie,

tout en ayant vocation

de servir de grandes causes.

Mélia voulait devenir vétérinaire

mais m’a flanqué par la portière

comme un chien encombrant..

 

Les Verseaux ont besoin

d’enchaîner les ports de transit.

De pseudos-amis ici et là

pour se délester

de pseudos-amis

là et ici..

 

Les ailes de mon grand rêve

n’ont pu se comprendre;

je les ai vues brûler, impuissant;

je me suis effondré.

 

Je suis toujours à terre..

 

La mère de ma promesse

m’a écrasé son pied sur la gueule;

elle s’est appuyée sur une protection

psychiatro-juridique

pour m’interdire de revoir sa fille..

Un ceci-près

que sa fille n’avait jamais été aussi malade

que sous le toit familial

et jamais aussi épanouie

que sous le mien..

 

Peut-être l’avait-on mis sous tutelle cette fois-ci.

Elle avait fait pas mal de jolies conneries

et on considérait -à tord- que j’étais celle de trop..

 

..à cause d’un tir..

 

Parlons-en de ce putain de shooting !

 

Je ne voulais pas faire ces photos là.

Jusqu’alors je n’avais photographié personne chez moi.

Je photographie essentiellement les gens en extérieur..

Je souhaiteais réaliser des clichés dehors, en forêt.

Mais il avait plu la veille et il faisait un peu froid;

alors la principale intéressée à décliné

une fois débarquée chez moi.

 

Nous étions en train de discuter de lingerie

(mon ex bossait dans un magasin de dentelle),

lorsque nous avons évoqué les tailles de bonnet.

J’ai émis un doute sur le fait que la miss puisse faire du E,

et la belle m’a dégainé sans crier gare, ses gros lolos..

 

J’ai été intimidé par sa soudaine assurance,

par sa façon de me pointer du regard,

elle qui l’instant d’avant semblait si timide..

 

Alors,

police au lieu de faire ce que les mecs

dans ce genre de cas de figure,

j’ai saisi mon appareil photo à la volée;

je me cache derrière;

j’ai battu en retraite..

 

Mélia a cru que je ne lui plaisait pas, c’était tout l’inverse..

Elle a cru bon de rejoindre le week-end suivant un lascar

qui l’a violentée, brutalisée dans l’intimité.

 

Les jeunes femmes contemporaines s’imaginent

pour la plupart

qu’elles ne peuvent plaire à un homme

qu’avec leur corps,

plutôt qu’avec leur esprit

leur humour

ou leur singularité..

 

Génération Insta..

 

Il se trouve qu’avoir esquivé d’emblée

une relation intime

pour privilégier une relation humaine

à propos -en différé-

à une catastrophe absolue..

 

J’ai été condamné par la famille de ma compagne

pour un shooting que je n’avais même pas prémédité,

et du repos,

contrainte de réfréner mes plus ardents désirs

le peu de temps

que j’aurais eu ma dulcinée entre mes bras,

afin de ne pas attiser

fils trauma récent..

 

La sexualité est un rituel sacré à mes yeux,

qui se doit de cristalliser la beauté d’un couple,

suivant un crescendo intense et transcendant..

 

Ca me fait assez mal de me dire que les loulous

qui vont suivre, comme ceux, nombreux,

qui m’ont précédé

n’auront pas l’ombre d’une philosophie amoureuse..

 

Ils te traitaient mal tout autant qu’ils étaient

m’as-tu dit..

 

Et pourtant, tu n’as cessé d’empiler..

Quand la teucha palpite, il faut la soulager,

n’est-il pas ?

Mais est-on soulagé

de se faire abîmer

pour quelques prélis

bâclés..

 

Je n’ai pas souhaité avoir de détails,

ils se devinent facilement..

 

Tu m’as demandé ce qui m’excitait au lit ;

Tu m’as dit que je suis mince

te faire ce que je voulais..

 

Je n’ai pas osé répondre,

j’ai botté en touche en te disant

que j’allais rédiger cela par écrit..

Je ne me voyais pas prononcé

certains mots devant toi,

et j’ai eu clairement tord..

Notre relation manquait

un tantinet de piment..

 

Je souhaiteais infiniment t’éprouver

de toutes les manières possibles..

en commençant par repasser

sur les méfaits des autres

trop peu soucieux de ton plaisir..

 

J’avais un million d’idées

pour sceller entre nous

un très grisant rivage..

Mais une dimension érotique d’envergure

ne prend corps

que lorsqu’une relation s’ancre véritablement,

offrant des moments propices

à la transcendance de deux corps

ivres de singuliers dialogues..

 

J’ai été hanté par d’intenses et tenaces

rêveries érotiques

absences inspirées par ta cruelle ;

ma frustration fut sans précédent,

je le concède..

Je suis resté infiniment trop sage,

le peu de temps qu’aura duré notre relation;

un gâchis qui me laissera durablement

hanté..

 

 

Mon esprit est beaucoup plus fertile qu’à la vingtaine

et mon corps appelle à d’avantage de sensualité,

de complicité, de lubricité et d’intensité..

 

Dans ma famille on meurt à près de cent ans ;

je n’ai pas de ride, j’ai la peau douce

et je peux remettre le couvert

une demi-douzaine de fois.

Avec tout ce que tu as déjà dit à ton corps

(anorexie, potomanie, weed, amants à MST),

il n’est pas certain que je sois le premier

à passer l’arme à gauche..

 

Qui sait, peut-être m’as-tu refilé une vilainerie ?

Tu n’aimais pas trop les capotes, tout comme moi

mais tu avais connu “tellement” de loustics, à t’écouter..

Je n’ai pas osé demander le nombre de serials-vicelards

qui s’étaient montrés un peu trop audacieux avec toi..

C’était un brin suicidaire d’ailleurs, pour un homme comme moi

qui veut encore des enfants, de coucher avec une tête brûlée..

Il fallait vraiment que je t’aime pour prendre ce risque là.

On n’a même pas joué au grand méchant loup,

au petit chaperon rouge..

C’est vraiment con..

 

Pour l’heure le Printemps est là et je n’ai plus ta main dans la mienne..

Je souffre du ciel bleu, des arbres fleuris et du soleil.

Je souffre des escapades à la mer que nous ne faisons pas.

 

J’ai souffert avant tout de ne pas avoir pris une ultime fois

tes deux mains

pour te dire que je t’aimais

plus que tout au monde..

J’aimais te prendre les mains pour te parler, souviens-toi;

tu étais vraiment ma princesse.

 

Durant cinq mois j’ai été tellement triste

de ne plus entendre

ta petite voix chevrotante..

 

Je sortais de mes cours et je voulais t’appeler

et ce n’était plus possible de t’entendre;

c’était tellement absurde..

 

J’avais l’impression de ne plus être grand a choisi en tant qu’absence.

Chaque journée était une nouvelle antichambre à traverser.

 

L’année dernière, du Printemps à L’Automne,

les gens s’étaient déshabillés spontanément

devant mon appareil,

sans que je ne leur demande rien.

Je m’y étais habitué et c’est sans doute pourquoi,

j’avais archivé ton shooting sur mes passerelles,

comme les précédents..

Je ne pensais pas que nous allions devenir amis

et tomber amoureux par la suite.

 

Durant un semestre, je n’ai photographié

personne d’autre que toi,

et j’avais donc oublié ces photos..

 

Si j’avais pu faire les photos en extérieur,

elles auraient été autrement plus poétiques..

Je trouve certains portraits vraiment sublimes.

 

Je n’ai jamais rien fait contre toi ou dans ton dos.

J’ai fait tout mon possible pour te rendre heureux,

pour te réconforter.

 

Je considère notre relation comme la plus jolie choisie

qui me soit jamais arrivée.

Tes parents se sont un peu trop hâtés à tout précipiter

dans la boue.

 

Ils ont été niais. Ce n’est pas en te mettant en laisse

et en t’ensevelissant de psys et de psychiatres

qu’ils vont te sauver.

Ni en se mettant la tête dans le sable :

la fille à moitié nue d’entrée de jeu,

ce sont tes moeurs plutôt que les miennes..

 

Moi je ne demandeais qu’à moi vouer à ton bonheur.

Cela signifie du sens à mon existence.

Certes, notre relation était fort atypique

mais c’est ce qui la rendait belle

et intéressant.

 

On t’a sans doute convaincu

que j’étais une mauvaise pioche,

une bêtise que tu raconterais bientôt honteuse

autour d’un verre avec tes potes.

 

J’ai pris ton silence comme une répudiation;

je n’ai pas compris pourquoi je ne méritais pas

un mot ta partie

moi qui avait toujours été là pour toi

quand tu perdais pied.

Je t’ai tendu la main de multiples fois.

Et il faut croire que je n’ai pas mérité la tienne..

 

Tu ne peux pas savoir le mal que cela m’a fait,

que tu me tournes le dos sans te retourner..

Jamais tu ne les sauras..

 

Plusieurs amis ont cru que j’allais

mettre fin à mes jours

vois-tu..

 

Mes amis-hommes t’ont trouvé

des circonstances atténuantes..

Mes amies-femmes sont beaucoup moins indulgentes.

Elles ont trouvé ton comportement irrecevable,

puéril.

Certaines pensent que tu es instable,

qu’on t’a retourné la tête.

L’une d’elle a même émis le souhait

de te mettre son poing dans la gueule..

C’est la première fois que je l’entendais

dire une choisi pareille..

Une autre encore pense

que tu m’as bourré le mou,

que j’ai été naïf..

 

Tu m’avais tout de même avancé

que ton père avait 53-55 ans,

alors qu’il a presque mon age..

 

Ton padre croyait que j’avais la main

sur ta personne

car je t’aidais à rédiger tes textos..

Il ne sait aucunement à quel point

cela me gonflait..

 

La vérité c’est que je m’étais mis

à vivre à ton rythme,

à manger tes plats favoris

et à moi lever aux aurores tout comme toi,

moi qui suis nocturne..

 

J’étais prêt à changer mes habitudes

verse toi.

 

Je n’ose pas demander

à ta meilleure amie de tes nouvelles.

Je me réjouis que tu ailles bien

si tel est le cas..

mais apprendre

que tu as un nouvel mec,

ce serait un peu une seconde mort

pour moi..

Je suis déjà mort une fois

en subissant le ghosting..

 

Je voulais mettre un festival de couleurs

dans ton quotidien.

Je te faisais des petites tables,

avec des guirlandes,

des amuse-gueules et autres

petites réjouissances..

 

Il est vrai que c’était souvent moi

qui avait l’initiative des gestes tendres..

J’ai un gabarit d’ours

mais un cœur d’enfant.

 

Je cherchais à te décrocher la lune

et tu as laissé tes parents

mettre un grand coup dans mon tabouret.

Je suis tombé les orties

et sur m’y a laissé..

 

Tu voulais devenir vétérinaire

mais tu m’as lâché sur le bord de la route

dès lors qu’on a estimé que j’étais

un chien quelque peu encombrant.

 

Sur m’a mis à la poubelle,

comme une choisi jetable.

 

Peut-être que ton addictologue t’a convaincu

que je n’étais qu’une addiction parmi d’autres..

Peut-être que ton père t’a renvoyée

chez ta mère dans le sud

et que tu préférais couper les ponts,

après leur avoir déposé les armes..

 

Je me suis posé mille questions..

 

Tout ce que je sais,

c’est que tu m’as manqué

du matin au soir.

 

Mon salon est devenu lugubre

de ton absence..

 

C’était merveilleux pour moi de savoir

que tu étais pressée de me rejoindre;

J’existe enfin.

 

J’étais enchanté lorsque tu me disais

que tu te sentais vivant à mes côtés.

 

C’est la première fois de ma vie

que j’aurais pu remercier Dieu

d’une rencontre..

 

J’ai cru qu’on était un couple souverain

destiné à vivre une belle histoire.

 

Je me demande si tu as déniché un type

dont l’union fut aussi nécessaire

que la notre..

 

A moins que tout cela ne fut, dans le fond

qu’une mascarade pathétique ?

 

Au bout du compte

je n’aurais peut-être pas été été

qu’une escapade agréable

verser l’esquiver

tes week-ends d’austérité avec ton père

et tes amants salops..

 

Et quand je vois ton expression de psychopathe

sur ta carte d’identité,

on pourrait aussi se demander

si je n’ai pas été sous le jug

d’une gentille petite machination..

 

Je ne sais plus trop vraiment quoi penser

mais mon expérience m’a appris

que souvent le problème réside

dans le fait que j’essaye de comprendre

des filles complètement paumées..

 

Il n’y a rien de plus triste

qu’être rangé dans un carton

dans l’espace d’un mois

par la personne en laquelle on croit

de tout son cœur.

 

Tu comme sans doute retrouvé

tes amies et ex du Sud.

Ceux là-même qui ne donnaient pas signe de vie

quand tu étais à Paris.

Et peut-être y es-tu encore, d’ailleurs.

Ce serait d’une cruauté ineffable..

 

J’aurais voulu garder

un merveilleux souvenir de ta personne,

mais tu m’as plongé dans le pire cauchemar

de mon existence toute entière !

 

On m’a souvent abandonné au cours de ma vie.

Moi je ne sais pas faire ce genre de choix.

J’ai déjà claqué la porte de mes parents

pour donner raison à une connaissance.

 

Pourquoi avoir donné mon adresse à ton père,

le jour du déconfinement ?

Cela avait tout l’air d’un sabotage..

Et dans les faits tu ne l’as pas pris au téléphone

pour défendre notre relation.

Non, tu as préféré m’encourager

à faire une main courante contre lui.

On pourrait se demander si tu cherches

à choquer et bousiller tes proches.

 

Je me souviens qu’une amie à toi avait désapprouvé

notre relation la veille de sa chute.

Elle t’avait fait douter et c’est peut-être bien elle

qui a vendu la mèche à ton père,

qui comme par hasard voulait se garer

par chez moi le lendemain..

 

Si je connaissais l’identité de cette fille,

je lui aurais fait suivre toutes ces chansons,

tous ces poèmes

que je t’ai consacré,

histoire qu’elle comprenne

qu’il est parfois bien con et destructeur

de formuler des plaintes à charge

sans connaitre les gens..

 

Mais toi, tu étais sensée me connaitre.

Pourquoi les filles de ton époque

sont-elles si bêtes, si lâches ?

 

Je trouve cela très désespérant que

tu aies pu douter de mon amour,

alors que j’avais toujours été prévenant

et à l’écoute,

toi qui te contentait de venir chez moi

pour te faire chouchouter,

sans trop te soucier

de mes problèmes à moi..

 

Dans le fond, tu étais d’avantage soucieuse

d’être aimée que de m’aimer..

J’étais le seul qui se vouait véritablement à l’autre..

 

C’est moi qui aurait dû douter..

 

Tu avais besoin

que chaque personne de ton entourage

valide notre relation..

Mais pourquoi donner du crédit à des individus

qui ne me connais pas ?

 

J’ai bombardé ta ‘meilleur ami’ de messages

qui a eu la délicatesse

de se ranger un temps de mon côté.

Et tu ne m’as pas adressé un mot en retour

alors que j’agonisais..

La vérité se résume à cela.

 

Je me doute que ton père avait annexé tes effets

et voilelait au grain.

mais cela fait cinq mois maintenant..

 

Si tu avais quelque chose à me reprocher

tu avais une bouche..

 

Ta mère quant à elle,

m’a écrit avec un tel dédain

que je lui ai vidé tous les dossiers

que j’avais sur son compte.

Désolé, mais elle ne mérite rien d’autre..

Le sentiment d’injustice était si intense

que moi aussi, un instant, j’ai eu envie

de tout détruire.

J’ai été trahi, comme en tant de guerre ;

laissé dans une tranchée pour mieux être canardé

à bout portant.

 

Tu m’avais dit qu’avant de me rencontrer

tu ne savais que te détruire.

Je te rassure, tu sais encore mieux détruire

Ceux qui t’aiment..

 

Je voulais te sauver ;

j’ai cru mourir

pour avoir souhaité

moi vouer à toi.

 

Mais puisque tout est tellement mieux

maintenant dans ta petite vie,

n’est-ce pas cela qui compte ?

 

Un obstacle, un défaut ?

Au changement de joujou

 

Je t’aimais infiniment,

j’étais prêt à tout pour ton bonheur.

Mais tu dois avoir mieux à disposition

un cadeau..

 

J’avais envie de tracer un p’tit bout de chemin avec toi

à tisser des arcs-en-ciel ensemble..

Cette façon d’achever notre histoire

est tellement

sinistre..

 

Tu aurais pris la peine de m’adresser quelques mots,

comme moi je prenais la peine de toujours en chercher

pour t’apaiser dans tes moments difficiles;

tu aurais pris cette peine au nom de ma dévotion à toi,

tu n’aurais pas transformé chaque souvenir

en statue de plomb.

J’ai essayé d’écrire les plus belles chansons d’amour

pour toi et mes textes ont été primés par deux fois,

mais ces poèmes, parmi mes plus beaux

ont pris la rouille malgré tout..

J’avais mis mon coeur dans tes mains;

Tu étais la première à qui je donnais mon âme

toute entière.

 

Je ne sais pas comment tu t’arrange

avec ce que tu es;

j’ai un vague sentiment de dégoût à présent.

Ca donne envie de quitter ce monde

de vivre ce genre d’expérience.

 

Mais je n’ai pas envie que ton monde

moi dicte sa coucheur..

Tiktok, Képop et Rap Américain,

snapchat et toute cette petitesse

pour les petits moutons désincarnés..

 

Tu n’as pas d’avantage de valeurs

à défendre

que d’identité.

 

Tu m’as dit que tu avais un cahier

où tu écrivais enfant; tu te demandeais

commentaire devenir une belle personne..

Il semblerait que ce souci là

ce soit quelque peu évaporé

de ton existence..

 

Tu m’as donné le sentiment

d’être l’entité

la plus facultative

de l’univers.

 

J’avais besoin de tout

sauf de cela.

 

Quand je t’avais rencontré

je me souviens avoir dit

que je tolérais tout

sauf l’abandon.

 

Tu trouveras mes poèmes,

mes chansons et mes lettres

une tonne d’attention

sur le net.

 

Moi je n’ai plus une trace

de toi.

 

C’est tout comme

si tu étais morte.

 

Tu ne peux pas

te représenter

la violence

de ce procédé.

 

 

Il fallait du courage

pour désirer survivre

à cela.

 

Pour t’accueillir

j’avais déjà dû absorber

l’étrange poseur

de tes mœurs.

Rien que cela

il a fallu que je le digère.

 

Le mec de l’hôtel

c’est comme si il m’avait

sali aussi.

On n’a pas la même empathie..

 

Je souffrais de tes sorties de route

très profondément.

 

Toi tu n’as aucunement

perçu ma souffrance.

Tu l’as attisée.

 

Je n’avais pas imaginé

qu’une âme pourrait souhaiter

m’anéantir

à ce point là.

 

Je suis content de m’être accroché

à mon radeau tissé de musiques & poèmes..

On n’avait jamais déversé autant

de boue de goudron

sur mon âme.

 

Il est peu probable

que je ressent à nouveau

un tel mépris pour ma personne.

Ca m’étonnerait fort..

 

Je ne pourrai pas ressentir

quelque chose d’aussi nocif

à nouveau.

 

Je te chérissais,

je chérissais notre relation.

Je me revois annoncer

à mon ami David

que jamais je n’avais aimé un être

comme je t’aimais toi

que jamais je n’avais éprouvé

une si douce plénitude;

le soleil était partout,

et tu en disais autant

autour de toi..

 

Dans une existence, il est si rare

de croiser des êtres avec qui

sur le désir d’une amitié,

puis que l’on désire aimer

corps et âme..

 

Tu me l’as dit,

tu ne pensais pas que quelqu’un

tomberait un jour amoureux de toi.

 

Et pourtant tu n’es plus là..

 

Sans doute que

ton esprit

et ton coeur

sont à présent

à mille lieux de moi.

 

Cela me rend triste

si tu savais.

 

Je garderai pour toujours,

une grande entaille dans le coeur

et ce coeur saignera

chaque fois

que je songerai

à ta personne.

 

Je suis délavé de toi.

Mes couleurs se sont ternies.

 

Tu as de la chance

de savoir si bien m’oublier..

~

Aux grands maux les grands remèdes. Après avoir consacré un double album de haut vol à mademoiselle Mélia (les poèmes du disque ont reçu deux prix littéraires), il est temps que je m’exprime non plus avec mon cœur mais avec ma raison. J’ai pleuré chaque jour durant cinq mois, souffert comme jamais et puis ma tendresse a fini par muter en pitié pour moi-même. J’ai vraiment été sali à outrance dans cette histoire. Aucune nuance, aucune équité à mon égard ; aucune trace de loyauté. Cet ineffable affront a fini par occasionner une véritable révolution copernicienne dans mon existence.

Les choses les plus enthousiasmantes qui me sont arrivées dans ma vie, je les ai orchestrées suivant ma seule vision, ma seule volonté. Les expériences les plus consternantes, les plus misérables que j’ai subies, ont invariablement été occasionnées par la petitesse, la médiocrité, la fébrilité, l’inconstance des êtres qui croient bon de me solliciter ponctuellement pour leur bon plaisir, puis de se désolidariser à la première embuche..

Un produit sur un étalage. Voilà ce que nous devenons les uns pour les autres, à l’ère de la sacro-sainte société de consommation. Et les jeunes générations sont plus que jamais pétries de cette mentalité effroyable.
Quant à la soi-disant maturité de l’âge, elle consiste avant tout à prendre acte des désillusions constitutives de l’existence et à éprouver une fatigue diffuse et constante occasionnée par tant d’affronts et de chimères battues en brèche..

Le jeune âge de Mélia n’excuse pas sa petitesse. Au même âge qu’elle, j’ai claqué la porte de chez mes parents pour rejoindre ma copine que ma mère avait répudiée.

J’ai les mêmes valeurs depuis ma plus tendre enfance et je me suis toujours tenu fermement à elles. Je suis fiable, contrairement à la grande majorité des êtres qui m’entourent.

En ce qui concerne l’Amour, je n’ai jamais quitté ni trompé une femme. Je n’ai jamais empilé les partenaires contrairement à Mélia, sinon l’inverse. Jamais de ‘one shot’.
Quand je dis «je t’aime» à une demoiselle, cela signifie que j’ai décidé de me vouer à elle contre vents et marées.. Encore faut-il que cette dernière soit solidaire et raccord avec ma posture, ce qui n’est, jusqu’à présent, jamais arrivé.

Ces dernières années, on dépeint souvent les hommes comme des canailles et les femmes comme des oies blanches, mais étrangement, j’ai connu pour ma part une majorité de petites canailles, de petites frappes, au féminin..

Mélia s’est invitée dans ma vie. J’avais fait un pas en arrière parce que ses mœurs m’indisposaient quelque peu, mais elle a insisté; je lui faisais énormément de bien me disait-elle.. Déjà j’aurais dû noter qu’elle parlait essentiellement à la première personne. Par la suite en effet, il s’agissait de répondre à ses sollicitations du matin au soir, à ses soucis avec la drogue, la bouffe, avec ses amants violents, ses collègues méprisants et son père rabaissant. J’étais ravi de pouvoir l’aider à aller de l’avant. Néanmoins, dans les faits, j’absorbais beaucoup de choses malaisantes que je n’aurais finalement pas eu le loisir de recycler en douceur de vivre et dont je reste hanté.

Mélia avait pourtant bel et bien revendiqué auprès de ses amies, sa mère, son psychiatre, son psy et son diététicien que je lui faisais «un bien fou» et qu’elle était très heureuse en ma compagnie.
Dès qu’elle débarquait chez moi, je lui faisais de petites installations féériques, je lui achetais les ingrédients pour qu’on cuisine ses plats préférés. J’étais nocturne mais je me couchais tôt avec elle; je m’alignais sur chacune de ses attentes. Jusqu’à l’aider à rédiger les textos à l’attention de son père, une petite attention qui m’aura donc été fatale..

Le dernier week-end de Novembre, lorsque Macron offrait vingt kilomètres de déambulation aux Français, Mélia avait dévoilé ma véritable adresse à son père, alors que, jusqu’à présent, elle était sensée se réfugier chez moi pour fuir ses humeurs délétères.. La veille, elle avait avoué mon âge à une de ses amies qui, dès lors, avait totalement désapprouvé notre relation. Le bonheur n’est pas un argument suffisant, il faut être «validé», approuvé par des putains de connasses, des peignes-culs insipides..
Je ne sais pas trop si cela a occasionné inconsciemment ou consciemment le sabotage de Mélia; si elle ne souhaitait plus prolonger notre relation sans être fixée sur l’opinion de son père. Ou si plus simplement, un train en cachait un autre et qu’il était temps de se débarrasser de moi. Quoiqu’il en soit, la demoiselle m’avait fait ses déclarations les plus vibrantes la semaine précédent sa disparation définitive.
C’est ce que je lui reproche en premier lieu..

Quand son père a capté que le texto qu’il avait reçu le Samedi fatidique était dicté par le garçon qu’elle fréquentait, il s’est imaginé que sa fille était sous ma coupe, sous influence.. Il a fouiné et découvert mon site, mon âge et surtout les photos que j’avais faites de sa fille.
La mère de Mélia s’est appuyée sur ce shooting, ainsi que sur une protection juridico-psychiatrique pour m’interdire de recontacter sa fille. Sauf que sur les deux plans, la maman, comme d’ordinaire, était à côté de la plaque.
Elle m’a signifié être ‘écoeurée’ que j’ai pu publier des photos de sa fille à son insu. Alors que dans les faits, il n’en était rien. Je publiais mes photos sur les mêmes passerelles invariablement depuis mon inscription sur chacune. Un boulanger ne jette pas son pain une fois sorti du four que je sache, et il en est de même pour le photographe qui a planché plusieurs journées durant sur un shooting. Du reste, mon pc portable avait été détruit par un réparateur à la con et j’avais évoqué la nécessité d’archiver ces photos à Mélia le jour même du shooting, mais cette dernière était focalisée sur les messages intempestifs de ces casos qui allaient la déboiter quelques temps plus tard..
Car c’est bien sous le toit familial et sous une horde de psys que Mélia avait enchainé maladies graves, addictions et sorties de route en tout genre.. Chez moi, en deux semaines à peine, elle avait arrêté la weed et retrouvé le goût à la nourriture. Je lui faisais effectivement concrètement du bien.
Trois quarts d’heure avant qu’elle prenne son train pour rejoindre une ultime fois son père, je lui avais rappelé l’archivage des photos. Je lui avais adressé à l’origine par «wetransfer» mais elle avait tardé à les télécharger, suffisamment pour que je la prévienne que le shooting était archivé sur une passerelle, au cas où le lien cesserait d’être opérant. D’où le fait de ne pas avoir masqué les clichés..
Par la suite, à cause du confinement, je n’ai fait aucun shooting durant tout un semestre. Et j’ai totalement oublié ces photos qui, du reste, pour la plupart, étaient assez belles.

Les parents n’ont simplement pas apprécié de découvrir leur fille topless et m’en ont tenu rigueur. Sauf que là encore la responsabilité était largement partagée.. La première fois que Mélia avait débarqué chez moi, elle s’était mise torse-nue sans crier gare au bout d’un quart d’heure. Nous parlions de lingerie (une ex travaillait dans la dentelle) et de tailles de bonnets; c’est là que l’ingénue avait souhaité me montrer ses seins. Ayant eu sa puberté en fin d’école primaire, la malicieuse avait vraisemblablement pris coutume de faire de cette belle poitrine un atout séduction et cela était sans doute devenu un réflexe..
Toujours est-il que chez moi, elle était passée d’un état de timidité évident à une soudaine assurance. Mélia était accoudée sur ses avants bras, les seins triomphants et le regard fixé dans le mien. Désarçonné, je m’étais emparé de mon appareil photo pour mieux me planquer derrière. J’étais intimidé par cette audace et c’est ainsi qu’était né le shooting. Il suffit de parcourir mon site officiel pour constater qu’aucune photo jusqu’alors n’avait été prise chez moi.
A l’origine, je voulais photographier Mélia habillée et en forêt. Si je me suis résolu à la photographier topless c’est simplement qu’elle semblait en confiance et épanouie ainsi.
Son père a claironné par la suite que le monde entier pouvait voir ces photos.. A ceci près que des milliards de clichés sont partagés chaque jour sur le net, que je n’ai pas d’activité communautaire sur mes passerelles-pro et que je ne spécifie pas le nom de mes modèles, qui, en outre, sont magnifiées et pas forcément reconnaissables..

La mère de Mélia savait qu’elle était heureuse, savait que je prenais soin de sa fille qui reprenait enfin du poil de la bête, mais non, il fallait absolument entraver notre relation.
J’étais amoureux de Mélia et je l’aimais. J’entends par là qu’elle me grisait et que j’aspirais à me consacrer à son bien être. Nous étions heureux ensemble jusque dans les plus petites choses du quotidien; tout était solaire. Et cela, malgré notre quart de siècle et nos trente centimètres d’écart. C’est la singularité de cette relation qui faisait son mérite.

Mélia m’avait un peu bourré le mou concernant l’âge de son père. Elle m’avait dit 53, 55 ans alors qu’il n’avait guère qu’une année de plus de moi. De là à couper la ligne de sa fille, détruire sa boite mail et toute trace de sa fille sur le net, il y avait peut-être un juste milieu.
Je me suis dit que le paternel avait peut-être trouvé des choses particulièrement compromettantes dans le téléphone de sa fille, à considérer qu’au moment de partir de chez moi, un homme qui l’avait brutalisée au plumard lui proposait une belle somme pour la baiser à nouveau.. Et j’avais été quelque peu perplexe de contempler Mélia le regard lointain en découvrant ce message; je me demandais ce qu’elle pouvait bien cogiter de glauque.. Toujours est-il qu’il y avait vraisemblablement déjà eu une affaire de pognon, à considérer que Mélia s’était déjà fourvoyée avec un sugardaddy. Elle s’en était confiée connement à la meilleure amie de son père. Je me suis d’ailleurs demandé si elle le faisait exprès pour se venger du mal qu’il avait fait à sa maman en la quittant brutalement, sinon pour tenter de discréditer sa tutelle. Là encore je ne saurais trop dire.. J’imaginais que le padre avait découvert des transactions de chair contre de l’argent, de la drogue ou de la lingerie «Victoria secret»..

Et dès lors, cela aurait pu expliquer pourquoi la chérie avait battu en retraite comme un déserteur, en me laissant sous la mitraille.. Le père avait, en plus d’une mise sous tutelle déjà en place, des dossiers compromettants propres à dégouter son homme..

Quoiqu’il en soit..
Quand ta compagne te déclare qu’avec toi elle se sent vivante, qu’elle ne t’abandonnera jamais, que pour rien au monde elle ne voudrait te perdre et qu’elle t’aime de tout son cœur, tu ne peux aucunement imaginer que trois semaines plus tard elle demandera à sa meilleure amie de te bloquer et qu’un mois à peine après toutes ces grandes tirades amoureuses tu apprendras qu’elle a tourné la page..
Comment pouvais-je accueillir un silence pareil alors que Mélia avait pu compter sur moi du matin au soir comme soutien, tout le temps que notre relation avait duré ? A la première embuche, elle m’avait discrédité, répudié, sans avoir ne serait-ce qu’un seul mot pour saluer la beauté de ce que nous avions partagé; l’Amour que je lui avais donné.
Cette lâcheté là a ruiné tous mes souvenirs de cette relation que je trouvais infiniment charmante.. Je tentais de trouver des circonstances atténuantes à Mélia, en me disant que son père allait la renvoyer à Cannes chez sa mère et donc que la petite chérie préférait vraisemblablement ne pas me recroiser d’ici-là pour ne pas souffrir. On avait dû la convaincre que j’étais trop vieux pour elle, que c’était ridicule. Sauf que nous avions tout deux une âme espiègle et c’était là l’essentiel. Du reste, j’ai la peau plus douce -moins ridée- que la plupart de mes modèles-photo de vingt ans et dans ma famille on meurt à près de cent ans. Avec tous les problèmes de santés et les abus qu’avait déjà connu Mélia, il n’était pas certain que je passe l’arme à gauche avant elle.
Quand bien même, l’idée n’était pas que notre histoire dure toute la vie. L’idée c’était juste qu’on profite de ce pourquoi le destin nous avait réuni. Partir en week-end à la mer, déambuler dans Paris, réaliser une chorégraphie, mater un bon film ensemble et faire des câlins de plus en plus doux, de plus en plus chaud; Gagner en complicité, en intensité; fusionner..

En préférant photographier Mélia plutôt que lui sauter dessus en Septembre, elle s’était imaginée qu’elle ne me plaisait pas et avait rejoint un type dans un hôtel qui avait abusé d’elle violemment. Finalement, ce choix de la photographier aura eu de lourdes conséquences sur notre relation. Dans l’intimité il s’agissait de prendre la demoiselle avec des pincettes car elle avait été réellement traumatisée..

Néanmoins, elle m’avait demandé ce qui m’excitait au lit, que je pouvais lui faire ce que je voulais. Je n’avais rien répondu; je ne voulais pas entraver la poésie qu’il y avait entre nous en prononçant des mots un peu trop crus qui m’auraient, en outre, ramené au commun des lascars. Ce n’était pas encore le moment pour entamer un second chapitre, plus trouble et ludique..

Le corps de ma compagne est sacré et son plaisir passe avant le mien. Je voulais notamment passer par dessus tous les méfaits des autres gaillards avant de développer une sexualité riche, intense et singulière qui aurait été à l’image de l’évolution de notre complicité.
Mais tout a été interrompu brusquement. Si je devais imager la chose, je dirais que notre relation a été avortée. C’est la première fois de ma vie d’ailleurs, que je vis une histoire qui brusquement, du jour en lendemain, est déchirée, désavouée.

Mélia me disait que j’étais le premier garçon à la respecter et à l’aimer. Et pourtant elle m’a traité plus mal que tout ceux là. Elle savait que j’agonisais car j’avais déniché sa meilleure amie sur Insta pour tenter de communiquer avec elle. Mais rien. Pas un mot, alors que je lui avais envoyé une lettre de quinze pages et que je lui avais tout de même consacré une disque de vingt trois morceaux..

Je suis le seul homme à avoir réalisé une telle création pour une femme, à ma connaissance.. Vingt trois poèmes mis en musiques et en images pour tenter de sortir de la boue le souvenir d’une relation et le témoignage d’un Amour vibrant. Le témoignage d’une souffrance incommensurable.

Comment Mélia a-t-elle pu choisir de remettre la laisse de ses parents à considérer que c’est cette laisse-là qui la rend malade et malheureuse depuis son adolescence ?

Lorsqu’elle me parlait d’eux, c’était pour me dire que son père la traitait de taré et de perdante. Mélia se trimballait toujours avec une déodorant dans son sac par crainte de sentir mauvais car sa mère lui avait balancé qu’elle puait..

Je ne sais pas ce qui s’est tramé dans mon dos, ce qu’on a pu dire de moi. Toujours est-il qu’il était bien difficile pour moi de ne pas me dire qu’au bout du compte Mélia avait été bien décevante humainement, bien lâche, pour sacrifier un vrai bonheur, une vraie belle relation, pour contenter encore et toujours l’asphixiante hégémonie de ses parents, qui la couvraient de psys plutôt que de douceur de vivre..

Mélia est Verseau et ce signe est caractérisé par son manque d’empathie, son besoin d’enchaîner les expériences et de prendre la fuite à la première pression.
C’est vrai que c’est surtout moi qui faisait acte d’initiative et de gestes affectueux. La génération Tiktok est assurément désincarnée..
Je me suis fourvoyé en considérant sa sensiblerie, son ascendant Poisson, comme prépondérant sur sa personnalité. Mais l’ascendant n’est qu’une façade sociétale.
Le comportement de Mélia m’a donné le sentiment d’avoir vécu une mascarade alors que n’avais jamais été aussi dévoué à un être..
Nous étions sensés être un couple et lorsqu’elle m’a fait savoir via sa meilleure amie qu’elle ne souhaitait pas que je tente de la recontacter ou de la revoir, j’ai halluciné. C’est un peu comme si la Mélia que j’avais connue était morte et que le nouvelle était une demoiselle qu’on avait lobotomisé.

J’ai un l’occasion de vivre des expériences vraiment laides au cours de mon existence, mais cette dernière est vraiment la plus dégueulasse de toutes.
Mélia et ses parents m’ont, dans un certain sens, poussé au suicide par leur volonté puérile et navrante de faire les autruches. Quand je pense que la demoiselle cherche à devenir vétérinaire et qu’elle et ses parents m’ont balancé comme un chien par la portière..
Il est vrai que cette fille se contentait de venir chez moi et de prendre ce qu’il y avait à prendre. On ne peut pas dire qu’elle se soit particulièrement cassé le cul pour mettre des billes dans l’escarcelle. Donc forcément, elle pouvait se retirer du jeu d’autant plus aisément..

Sauf que dans quelques temps, elle s’apercevra que des garçons gentils, aimants, plein de fantaisie et d’empathie, ça ne court pas les rues. Elle voulait être une princesse et je lui tenais spontanément les deux mains comme si elle l’était. Tout était à disposition pour vivre de très belles choses ensemble. Gâcher cela pour contenter des géniteurs invariablement nocifs, c’est tellement consternant..

A y réfléchir par deux fois, je sais que je ne suis pas le vrai perdant dans l’histoire. Car Mélia ne croisera pas beaucoup d’hommes qui l’aimeront autant que je l’ai aimée ; assurément peu de gaillards seront disposés à partager mille choses avec elle dans la joie et l’entrain.

Et dire, que j’ai éprouvé une extase de bonheur en contemplant simplement la constellation de grains de beauté ornant le dos de cette fille alors qu’elle somnolait..
On n’avait pas la même poésie chevillée au cœur..

Je ne crois aucunement que Mélia ait pensé à moi chaque jour avec émotion comme j’ai pensé à elle, du matin au soir, depuis la déflagration de Décembre..

Peut-être que découvrir que je tentais de lui adresser désespéramment des messages par le biais de sa meilleure amie l’a effrayée; que son jeune âge ne lui donnait les capacité qu’à pasticher l’Amour plutôt que le vivre à fond. J’ai cherché mille stratagèmes pour la rejoindre, pour l’attendre ici ou là, pour lui parler quelques instants au coin d’une rue, et elle, est restée sagement muselée par son père.

Finalement tous ces types qui la maltraitaient avant qu’elle me rencontre étaient un peu à son image: sans véritable souci de l’autre, sans profonde empathie, juste là pour prendre ce qu’il y a à prendre et tourner les talons au premier nuage; sans état d’âme, sans grand scrupule. Comme une puce changeant de pelage.

Il n’y a pas à dire, quelle génération de merde, que la sienne.. Aucun courage, aucun panache, aucune capacité à se saisir de soi, à se hisser, s’incarner dans un semblant d’esquisse de personnalité. C’est plus facile de se dire un truc du genre “de toute façon patatiaptata, tournons la page, c’est plus simple”..

Mélia m’appelait pourtant chaque jour matin, midi et soir, et soudain plus de trace d’elle, plus un son, plus un mot. Comme si notre relation ne méritait pas d’être clôturée par un ultime échange, par un geste, par un hommage quelconque.
C’est moi qui m’y suis collé seul, avec ma musique et mes poèmes, alors que je venais concrètement d’être traité comme un tapis à chiotte; répudié, méprisé, rabaissé.

C’est donc cela que l’on récolte lorsqu’on se voue à un être de tout son cœur..

Du dédain, du mépris..

.. et un bon coup d’éponge.

J’ai cru à un bonheur léger, solaire et bienfaisant; une plénitude.

J’ai cru à un grand Amour mais à présent, il ne reste plus qu’un vaste désert, un silence, un trou noir,

l’antithèse de tout ce qui avait fleuri entre nous. Ton silence a fait faner la providence de notre rencontre.

Tu comprendras bien assez tôt que l’Amour, le vrai, ne frappe pas très souvent à la porte.

Je ne sais pas ce que tu as choisi de te dire, ce qu’ils ont décrété que tu te dises pour te hâter de la claquer.

Pour l’heure, c’est moi qui me la suis prise sur les doigts, qui ai crié, saigné..

Mais c’est une porte battante, je le crains,

et un beau jour, il se pourrait bien

que tu la prennes très soudainement dans la nuque.

Et ce jour là,

tu te sentiras plus seul que moi encore.

Car je t’ai aimé plus fort qu’aucun homme ne t’aimera jamais.

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A peine Mélia a débarqué chez moi -nous conversions de lingerie- qu’elle m’a dégainé sa poitrine sans crier gare. Cette soudaine assurance m’a pris de court. Je me suis emparé de mon appareil photo qui trainait sur mon bureau et j’ai photographié la demoiselle. Jamais jusqu’alors, je n’avais fait de shooting chez moi. Je ne voulais pas démarrer ma relation avec Mélia comme le commun des lascars. C’est pourquoi, suite à ces photos, nous nous sommes revus chez moi pour danser joyeusement, nous sommes devenus amis puis nous sommes tombés amoureux.

Avant que nous nous attachions l’un à l’autre, j’avais archivé les photographies comme je le fais invariablement depuis une douzaine d’années, sur mes passerelles-pro. Et un triste jour, les parents de Mélia ont découvert certaines de ces images sur mon site, ont découvert mon âge et m’ont reproché d’avoir abusé de la vulnérabilité de leur fille. Du moins c’est sa mère, cruche et pédante, chez qui Mélia n’avait cessé de tomber malade et d’empiler les addictions, qui m’a sommé de ne plus approcher sa progéniture.. Le père s’est contenté d’insultes et de menaces, tel le petit taureau hispanique et tempétueux qu’il était.

Bien que majeure, ma promise a adopté la posture très contemporaine de la femme-victime et a choisi de faire profil bas. Cette jeune femme qui prétendait m’aimer de tout son cœur et ne vouloir me perdre pour rien au monde, celle-là même qui racontait à son entourage à quel point je lui faisais du bien, à quel point je lui donnais envie d’aller de l’avant, cette demoiselle si enthousiaste pour ma personne avait pourtant, au bout du compte, décidé de m’abandonner sans m’adresser un mot..

Chaque instant depuis notre rencontre, elle avait pu compter sur moi pour l’épauler, la réconforter, la chouchouter et pour une fois que j’avais besoin de son soutien, j’avais le droit à une trahison, en bonne et due forme..

Je m’étais totalement voué à son bien être et elle me laissait là à agoniser dans la boue, sans faire le moindre geste, sans m’adresser un mot.. Même sa meilleure amie désapprouvait ce silence qui ressemblait étrangement à de la lâcheté. J’étais répudié, réduit à un tapis à chiottes..

Mélia ne se considérait responsable de rien d’après sa pote, à ceci près qu’elle s’était invitée dans ma vie puis m’avait livré à son père en lui dévoilant mon adresse. Elle avait tellement empilé les maladresses que je me demandais parfois si il y avait une part de stratégie derrière cette pure candeur, un rien suspecte..

J’ai vomis dans un premier temps, puis pleuré chaque jour durant cinq mois. Ce que j’avais subi était d’une ineffable laideur..

J’en ai pourtant fait un disque, constitué de vingt trois poèmes, afin de dresser un arc-en-ciel au travers de toute cette boue, de tout ce goudron: un manifeste.

Je voulais rester coûte que coûte partisan de la poésie après avoir épongé tant de crasse et de mœurs délétères.. L’univers de Mélia c’était drogue, Sugardaddy, amants violents, parents ploucs, job à la con et psys en pagailles. Sans compter Tiktok, Képop, Rap et Disney-plastoc, soit toute la sous-culture de sa génération débile..

J’en ai assez de me farcir toute la misère du monde, de la boire jusqu’à la lie.

Jouer les bons samaritains, c’est terminé pour moi.