DECONFITURE DECONFINEE: amour, entrave, trahison & agonie (mon nouveau disque au lyrisme romantique parfaitement vain)


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INTRO

Très tôt dans mon enfance, j’ai enregistré et photographié mes proches pour les inclure dans des créations souvent conceptuelles. J’ai un rapport à l’intime assez proche d’une artiste comme Sophie Calle.

Cette fois-ci j’ai voulu relater la sidération et la détresse d’un amour brutalement entravé. J’ai tenté du reste d’immortaliser cet amour si léger, si solaire, si bienfaisant qui a été plombé, sali, assassiné..

Pour cela j’ai décidé d’écrire une vingtaine de poèmes au moment où mon émotion était la plus vive, puis de goupiller un bricolage sonore et visuel en quelques jours, afin de rester dans une sorte de climax sentimental. Je précise que toutes les voix sont issues de dictaphones sans déesseur ni mastering. Donc ça manque un tantinet de matière et pique un peu les oreilles parfois, mais cette approche en ping pongs vocaux fait partie du concept ! Les morceaux incorporent ainsi de brèves interventions de mon amoureuse évaporée, récupérées depuis mon WhatsApp. Comme toutes les jeunes femmes ayant connu une puberté très précoce, son timbre de voix est paradoxalement très juvénile. La spontanéité de la demoiselle fait merveilleusement contraste avec la tonalité nostagique des textes..!

Je n’ai finalisé que la première moitié de mes poèmes, car la seconde était tournée vers le ressentiment. Or, je considère mon sentimentalisme plus rare, bien qu’un peu atterrant aux entournures.. On a inévitablement l’air un peu pathétique lorsqu’on devient fébrile. Mais j’ai choisi délibérérement de m’aventurer sur ce terrain peu glorieux..

Mon projet est à la fois un récit, un hommage, un geste de révolte, de sublimation face à une laideur soudainement imposée; un droit de réponse. C’est aussi un réflexe de survie: cristalliser une souffrance permet de l’extraire de soi.
La lutte entre mon Eros & mon Thanatos a également engendré quelques textes franchement hot. Vous êtes prévenus: ouverture d’esprit indispensable !



Dès lors 

PLUSIEURS OPTIONS:

I. ECOUTER L’INTEGRALITE DU DISQUE.

II. ECOUTER LA VERSION CHASTE
(SANS LES TITRES EROTIQUES).

III. ECOUTER LES TITRES AU CHOIX 
ACCOMPAGNES DES POEMES.
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I.

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II.
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.III.

UNE SIESTE AU PARADIS (18/12/2020)


Je te regarde somnoler

sous ma guirlande colorée;

une’ musique ‘jazzy nous berce

en sourdine

Constellé de grains de beauté,

ton dos est chaud comme un été;

cette plénitude me bouleverse,

ma divine !


Une quiétude bienheureuse

envahit mon âme comblée;

en moi l’instant se cristallise

pour toujours

Sous mes draps, ma fleur radieuse

m’envahit de parfums tressés;

de son grand sourire elle aiguise

mon amour


Dans une heure tu seras rentrée

j’ai besoin de te contempler

pour que tes grands yeux se déversent

dans mon coeur

Embrasse-moi ma bien aimée

jusqu’à ce que j’en sois grisé

nous roulerons sous une averse

tout à l’heure


Je te regarde repartir

dans les néons d’un train de nuit

et moi je regagne l’automne

de ma vie

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Chaque Samedi vois revenir

ma petite’ bouille de paradis

sa joie d’emblée se capitonne

sur mon lit


Je suis heureux de l’embrasser

encore, toujours, éperdument;

le silence qui maquille ses yeux

me renverse

Elle est bien jeune et moi trop fait

pourtant je vibre infiniment

lorsque ses rayons lumineux

me traversent.

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FAIS-MOI CE QUE TU VEUX  (Sonnet – 20/12/2020)


”Qu’est-ce qui t’excite au lit ? Fais-moi ce que tu veux !”

Quand tu m’as dit ces mots, j’en suis resté sans voix.

Allongée, alanguie, tu me cherchais des yeux

et moi soudain penaud, j’ai gardé tout pour moi..


Dès le premier instant, où ton corps dénudé

s’est révélé à moi, il me fut familier;

j’adorais butiner ton bourgeon de Venus,

tes doigts cherchaient les miens pour sonner l’Angelus


Je voulais savourer d’explorer tout ton fort

Je laissais mijoter, mes rites et tes trésors

pour ancrer plus encore, l’âme de notre histoire


J’aimais quand tu fermais les yeux pour m’enrober

je voulais effacer tous ceux qui t’ont souillé

en irrigant ton corps, jusqu’à t’en émouvoir.

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FLANER AVEC TOI (31/10/2020)


J’aimerais habiter dans tes bras,

flâner dans tes sourires, me baigner dans tes yeux;

pique-niquer sur tes seins.

J’aimerais boire beaucoup et danser avec toi

dans un tourbillon d’ivresses enjouées;

j’aimerais entrer dans des boutiques fantaisistes

et t’entrainer dans d’autres,

traverser des ponts charmants tamisés

pas des lueurs roses et jaunes,

contempler des édifices et sentir ta douceur

se mélanger à celle de la brise.

J’aimerais chanter avec toi des bêtises,

t’acheter une peluche adorable,

entrer dans un restaurant mignon

gorgé de senteurs délicieuses.

J’aimerais sans la moindre raison

courir dans la rue avec toi

et rire comme on dévale un escalier;

J’aimerais te voir heureuse,

car quand tu es heureuse,

je suis heureux aussi.

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ARC-EN-CIEL EN MONOCHROME (30/11/2020)


Si j’avais su Mélia

qu’on t’enlèverait à moi

Je t’aurais embrassé

jusqu’à me recouvrir

des scintillements de ton âme


Si j’avais su cela

je t’aurais dessiné de paisibles rivières

aux creux de tes poignets.


Non Mélia je ne t’oublierai pas

ton sourire allumait des feux

tel un chapelet de luminaires

dans mon cœur esseulé


J’aurais voulu marcher

dans ce si joli parc

à tes côtés,

faire une dernière balade

discrètement sous le regard

des arbres silencieux.


J’aurais voulu te caresser

plus encore que le vent

et te dire les mots les plus doux

et les plus bouleversants,

en contemplant tes yeux.

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DELAVES (23/12/2020)


Je ne sais pas

si je pourrai te faire face à nouveau

si tu n’as plus cet élan pour moi

cette gourmandise

d’étreintes et de baisers

sans fin


Je ne sais pas si je pourrai survivre

à la monochromie

toi qui savait si bien recolorer ma vie.  

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CREPUSCULE D’UN SOUVENIR (23/12/2020)


Te souviens-tu Mélia de cette balade crépusculaire,

la dernière que nous fîmes,

à Varennes-Jarcy ?


Le ciel était lugubre, lourd et oppressant

et nous marchions, errant

telles des âmes en peine..

C’était nos dernières heures ensemble

avant que je te perde

et que l’hiver blafard

se referme sur moi


Te souviens-tu de cet instant

où tous les luminaires se sont éteints;

du début de la fin;

de tout ce bonheur

soudain dégorgé ?


Je n’ai pas mesuré

l’étendu de la peine

que j’aurais à porter


Tu épousais la forme de mon âme

mieux qu’aucune autre femme

et celle de mon salon

honoré de ton charme.


Te souviens-tu chère âme

lorsque je surgissais dans les commodités

pour dérouler soudain

une danse endiablée ?


On riait tant et tant..


Dans cette valse, ton père est entré brutalement

et plus personne n’a dansé depuis


Les semaines ont passé

sans plus entendre ta voix;

j’étais pétrifié par le silence..


Désormais j’ai peur de t’entendre à nouveau

et de lire tes mots..


Je redoute que mon cœur

explose en mille éclats de tristesse.


Je formule le souhait

que nous renaissions de nos cendres

Souvenons-nous de tous ces instants suspendus

où la moindre banalité partagée

devenait un merveilleux moment de vie.


Souviens-toi, s’il te plait..


J’ai peur de te croiser un beau jour dans Paris

au bras d’un nouveau destin;

que nos regards se heurtent

et que je m’évanouisse soudain

dans un vertige de détresse.

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CHAQUE WEEK-END TU SURGISSAIS (22/12/2020)


Chaque week-end tu surgissais

avec ta belle petite gueule et tes tenue chiadées.


C’était le confinement en France ainsi qu’à l’Etranger.


Le cœur enjoué, tu quittais Saint-Germain-des-Près pour me rejoindre.


Je me souviens de cette journée ensoleillée où tu entras dans ma voiture,

avec ce sourire mutin qui n’appartient qu’à toi..


A cet instant se répandit en silence un délicieux parfum d’évidence.

Une merveilleuse connivence.


Chaque week-end ton père se demandait chez qui tu te rendais.

Jusqu’à ce triste jour, plein de violence,

où il l’a su et ne t’a plus jamais laissé

reparaitre.


C’est alors que le président annonça la fin du confinement.


J’ai songé aux bords de Seine avec toi, à une escapade à la mer,

à quelques déambulations dans l’onirisme urbain de l’hiver..

Tous ces moments magiques que je me languissais de partager

tes parents me les ont volés.

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SI C’EST UN ADIEU (22/12/2020)


Si on ne se revoit pas, mon amour

si c’est un adieu

sois heureuse

ris souvent

et danse

dans la douce brise d’un nouveau Printemps


Je ne t’oublierai pas,

sache-le,

je ne t’oublierai jamais


Tes parfums subtils, ta douceur muette, tes sourires solaires et tes grands yeux fous

me reviendront certains jours d’escapades et mes larmes viendront.

Et puis, des questions: que deviens-tu dans ce monde brutal, es-tu heureuse ?


J’aurais voulu te protéger et te hisser

dans un vaste ciel bleu


Mais j’ai chuté, je crois

et si c’est un adieu


Je garde un talisman de toi.

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TON SILENCE, MON AGONIE (Sonnet – 20/12/2020)


Ton tortionnaire de père, t’aura donc mis en laisse

bien que tu sois majeure tu demeures sous son toit

ta mère n’apprécie guère que tu poses topless

elle et ton géniteur refusent que je te vois


Lui qui m’a menacé de me casser les dents

n’a pas vraiment compris que je te protégeais,

que tu te délestais de tes mauvais penchants;

que nous étions ravis d’aussi bien nous aimer


Qu’ont-ils bien pu te dire, qu’ont-ils pu orchestrer;

tu m’as laissé au large dans mon bateau couler

et j’ai agonisé sans nouvelle de toi


«Je ne voudrais te perdre pour rien au monde, je t’aime».

Je parcours tes vocaux, à nouveau je suis blême

une histoire aussi douce peut-elle mourir d’effroi ?

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A NOS CULS (23/12/2020)


Comme toutes les filles

qui m’ont vu tout nu

tu aimais mon cul


tu claquais ta main

comme une ingénue

l’oeil qui pétille


J’ai la peau plus douce

qu’une douce frimousse

comme le sait ta main

derrière mon bassin


Il ne faudrait point

trop s’effaroucher

d’un doigt anodin

m’avais-tu glissé

quand tu papotais

de mon popotin


Et puisque j’y suis

je vais confesser

qu’à te butiner

des heures durant

j’aurais bien léché

l’entrée du volcan


Au sein des rustines

que j’ai vues, Divine

la tienne est sublime

un vrai pousse-au-crime !


«Tu peux me faire

ce que tu veux»

m’avais-tu dit

Sauf que ton père

libidineux

l’a bien senti


Il t’a kidnappée

Il t’a séquestrée

pour nous éloigner

bien nous évider


Une femme majeure

doit choisir l’heure

de se révolter

l’index levé !

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MINOTAURUS INEST (03/10/2020)
-Veneris monumenta-

J’aimerais que tu te postes à nouveau
au sommet de mon lit
le dos apposé contre le mur de mon salon,
quasi-nue.

Un quart de siècle nous sépare en âge,
mais tes yeux francs, intemporels, presque mystiques
m’adressent un familier langage..

Laisse-moi déposer ma joue très doucement
dans le creux de ton cou,
être la plume qui rejoint son nid..

Je suis un enfant, une panthère, une brise d’Eté;
je suis un grand soleil près d’un refuge aux portes de coton..

Ta bouche est une fleur sauvage,
qui parfume mon âme de papillon.
Vois mon aile silencieuse se poser
sur la soie de ton épaule chaude !

Le temps suspendu
infuse mon âme à ta presqu’île;
Mon souffle sur ta peau me grise:
tu es ma vapeur d’absinthe !

Ta chevelure est désormais
un vaste champs moissonné
à mon vexillum externum.

Ton épiderme irradie contre le mien
comme un pain chaud sorti des braises !

Aucun des chats sacrés de l’antique Egypte,
n’a transporté autant de lumière que ta peau :
Hathor, Isis et Rê se sourient et se taisent
lorsque je te caresse.

Tes deux pyramides sont des flacons de rivages.
Fais-moi boire de ton lait; enfante ma déraison !

Mes griffes de faucon ratissent ta nuque;
je porte mes dents à ton cou,
je mordille ta chair tel un vampire avide..

Je suis ton Minotaure, ton Lucifer, ton Dracula !

Mes doigts délicats viennent broder d’audaces
un incertain langage à même tes seins..

Des alcools de prune et de poire coulent à présent de tes tétons;
je t’attrape au cou, tel un canidé, pour te tirer lentement vers moi;
je sens tes fioles d’effluves infiltrer mon cœur;
Ta bouche capture la mienne comme une proie fébrile.
Tes bactéries s’engouffrent dans mon sang, restaurent ma matrice..
Je vois des gouttelettes d’eau fines
bouillir sur ta peau
puis s’évaporer au diapason de tes soupirs..

Tes aréoles crantées pénètrent souplement mon torse.
C’est alors que le grand mât du Drakkar se lève
et tu l’absorbes sans tarder tout entier en toi,
dans ta forêt d’éponges.

Ta rosée coule déjà du septième ciel convoité.
La chambre se tapisse d’un rouge-violacé..

Je sens ton odeur animale qui s’abat comme une tempête:
tu plantes tes yeux intenses
tel des ancres dans l’océan de mon âme.
Je me retourne tout entier sur toi,
ragaillardi par ton puissant courant.

Ta bouche carmin
a faim
de recevoir l’écume de ma lèvre.

Je t’ensevelis d’une vague puissante
et j’engouffre encore davantage
ma corne de Minotaure
dans le tréfond de ton corps.

Voici l’offrande de nacre:
de multiples orages tonnent dans ta chair
Tu tressailles d’accueillir dans ton caveau
ma liqueur de perle.

L’onde de choc de ma queue
se prolonge tel un écho parmi tes dunes.

Tu m’enfonces tes ongles dans le dos si profondément
que je sens distinctement ton nom se graver sur mes os.
Je plante à mon tour mes dents dans ta jugulaire
tandis que tes canines percent mon épaule.

Je m’abreuve, tu me bois,
nous nous embrassons follement
pour partager ce vin de messe.

Je ramasse au sol des caillots de raisin
et je les porte à ta petite gueule affamée.
Tu les dévores en me dévisageant.

Ta bouche coule infiniment
jusque dans ton nombril
et abreuve les petits papillons
qui palpitent dans ton ventre.

Le coutelas divin de ton sourire en coin
me suggère un sacrifice à venir

Tu t’éclipses dans la salle d’eau
et déjà tu m’inspires
de vilaines rêveries..

Relevant une pièce d’étoffe
trop ajustée à tes hanches
tu me laisses entrevoir
l’arrogante colline hirsute.

M’empoignant le vit en me fixant des yeux,
tu veux me voir céder à proférer
mes ordres rabaissants.

Ta bouche lascive de succube
réclame la lie de mon calice !

Ta main est un nid à serpents;
elle me caresse et me compresse
pour que je crache enfin
tous mes mots volcaniques.

Tu m’engloutis de ta gueule de fauve
pour m’assassiner de plaisir.

Des torrents hypnotiques se répandent en moi,
tandis que tu bois toute ma fontaine.

Démon repu, tu m’adresses un sourire.
Je suis une comète
dans la galaxie de tes yeux fauves.

Aucunement je n’ai la beauté d’Artemis,
mais je peux être un grand forgeron de volupté !
Fais de moi le gardien secret de tes moiteurs,
l’arboriste de ton plus secret jardin..

Je l’avoue, je suis parfois jaloux des visiteurs
que tu salues de ton candide balcon.
Tous ces mirages, si laborieux, sont autant de déserts..

Et si chaque homme est fait de sable,
je serai ton désert de Mojave,
ton Dasht-e-lout, ta Kébili.
Je serai le Queensland bouillant
au milieu des montagnes de feu.

Mon orgueil est un empire suintant,
et tu le sais toi qui réapparais
dans une robe andrinople..

De ton dos je m’approche;
tes ourlets, déjà, se pourfendent de flammèches..

Je veux sédimenter encore à ton épaule;
j’entrevois tes doux seins dans l’écorchure de ta robe;
ta bretelle s’affaisse ainsi que ta chute de reins;
soudain, le bas de ta robe s’enflamme

Tes doigts fraîchement vernis
soulèvent avec une insolente lenteur
le tissu embrasé !

Le bas de ton dos est désormais tatoué
d’obscurs hiéroglyphes;
«Sois indécent» chuchotes-tu.

J’ai besoin de lécher ta petite béance,
comme un chien des enfers !

Tes canines d’orque scintillent dans le miroir;
Tu lèves un bras au ciel;
tes doigts gracieux s’éventaillent et s’enroulent
tandis que la chambre prend feu.

Je pointe à mon tour vers le ciel un index
qui se change en verge féconde;
et tandis que les parois de ton éminence charnue
s’abandonnent à mon autorité,
j’enfonce un doigt séminal à ton nombril..

Des Jigokubana naissent soudain dans tes cheveux;
une nuée de papillons pourpres et ocres
comme sortie des enfers,
vient butiner chacune de tes mèches,
éteignant les feux alentours
de battements d’ailes..

Des abeilles rouge-ponceau surgissent à leur tour.
Tu étires ta langue en récupère de tes doigts un étrange miel
que tu portes aussitôt à mes lèvres, à mes seins;
de mon gland jusqu’au galbé séant.

Tu n’aimes rien tant que me sentir palpiter dans ta bouche;
tu me dégustes infiniment, tandis que des plumes d’ange
tombent très lentement sur nous comme une fine pluie;
tandis que des sirènes au lointain
nous chantent leurs plus doux sortilèges..

Sois mon alcool, mon brasier, ma folie,
sois ma déesse et ma putain,
Sois le petit matin des longues nuits.

Le soleil s’attarde sur mon torse
lorsque tu le caresses.
Je veux te voir tournoyer en riant
dans des champs de coquelicots mutants.

Sidère-moi;
écorche-moi de souvenirs violents !

Fais de moi le buvard de ta cyprine et de ta lave,
de ton urine et de ta bave.
Baise-moi comme si j’allais crever demain.
Je veux mourir et ressusciter dans tes bras..

Je veux tes hanches et tes pieds dans ma bouche,
ton cul sur ma gueule et ma queue dans ta main.
L’un dans l’autre, je veux nous mélanger
encore et toujours !

Je veux tes mamelons sauvages, ta peau soyeuse,
tes épaules et ton cou..
Je veux surtout tes yeux cosmiques au fond des miens
tes cuisses et ton pubis amarrés à ma taille,
quand je viendrai cent fois sur toi pour te donner mon âme !

Je rêvasse, je me languis, je me dilue..
Entends-moi s’il te plait, rejoins-moi !
Viens contre mon épaule et contemplons
les derniers instants de ce monde-ci !

Je veux me noyer sans fin dans des étreintes folles;
je veux brûler d’ivresses, célébrer le feu qui me porte
et qui m’emportera jusqu’à l’ultime crémation !

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