° PANTHERES

Je veux me répandre sur toi comme une poutrelle de feu,
propager mon onde sur ton corps alangui ~

Panthère de rêverie, je viens frotter mon ventre sur ton écrin de mirage.
Les copeaux de mon âme pénètrent tes reliefs ;
je suis ton piège à loup décapsulant tes alcools d’ivresse,
je suis l’étoffe lourde qui vient boire à ton étang de nudité.
Je t’attrape au cou comme un jeune tigre joueur,
tes mains empoignent mon torse mûr.



Ma peau est à point, tannée par la ferveur de tant d’années de passions.
Je veux planter mes orages dans tes perles d’abysse aux mystères pédants,
troubler le reflet dérangeant de tes grands yeux félins..


Tigresse, tu peux lâcher ton râle, je défenestre ta pudeur.
Les parfums de l’amour fermentent dans un ballet de gestes, de cantiques éperdus.
Tous mes wagons sauvages viennent claquer sur ta rame ;
mes canaux électriques se tendent comme des arcs
et tu me plantes ton haleine jusque dans les tripes..

Tu me décoches tes discours en regards impétueux :
– Achève-moi, que j’absorbe enfin ta matrice ;
crache ton encre-crème à mon sexe carbone !

Tes pupilles débordent de fuel ; j’attrape un ange-mateur par les paluches
et je le broie dans ta chevelure qui s’agite soudain comme un nid à serpents ;
je casse le diable en deux et je poivre ton corps !
Montre-moi tes dents de hyène échaudée et j’inverse tes pôles,
je te brode à l’épaule un murmure-baiser..

Ma langue mutine câline tes commissures de cuisses,
puis je remonte à tes crocs qui capturent mes lèvres.
Mon aréole soudain -impaire et passe- devient l’ostie de messe basse :
je te chuchote à l’oreille tes propres aveux dans l’ascension de la jouissance..

Culmine ma belle, culmine !

Je te rejoins soudain dans l’albédo violemment déployé..
Oooh, j’adore l’écho de ton timbre vibrant lorsqu’il va pour découdre tout un pendant de ciel !

Je m’assoupis -relax- bordé par ton aisselle fumante..