° LA FEMME-REFUGE

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Je cherche un refuge
Un havre isolé par la brise
Une vallée minérale, blanche comme l’instant
De cette harmonie faite entre les éléments

Je rêve de canyons délavés de lumières
De clairières paisibles aux sommets des enfers

Fais de moi un parfum sinueux, long courant ensablé
Rouge comme la terre des déserts massifs
Rouge comme les étoffes profondes,
ivres d’Andalousie

Laisse-moi m’enrouler dans les anneaux du vent
Survoler les reliefs de ton corps émouvant

Je cherche un domaine
La douceur d’une flore ondulant dans l’azur
Déployant ses pollens aux âmes tourmentées

Je veux m’abandonner à tes lianes
Aux nervures de plumes
Laisse-moi me répandre comme un lac fluide
Au diapason des pulsations
Des oraisons de tes pulsions

Fais-moi boire au parfum de ton cou
L’élixir qui sauvera mon âme fatiguée

Permets-moi de venir me cacher dans ta chevelure
Il me faut expier mes tensions
Somnoler près d’une source pure

Je viendrais alors m’enrouler
dans les vapeurs de ton être
Espérant voir tes lèvres curieuses
partir en promenade
Et tomber en chemin sur celles du soldat
Chuchotant dès lors, dans tes bras providentiels
Ses plus secrets soupirs..

Fleur de nacre, offre-moi ton haleine orangée
Je suis un animal en mal de chaleur

Je te donne la poudre pour que tes yeux dessinent
Leur intense désarroi
Dans les tréfonds –cavernes- de mon âme

Referme-toi sur moi
Comme un coquille de mer sur un cristal de vent

Je veux aveuglément parcourir de mes mains tes surfaces sensibles

Nez à nez sur ton sein
J’y passerai ma joue
J’y poserai mes lèvres
J’y risquerai la main
-De féline à félin-

J’attendrai cet instant
Où chaque fleur volcanique
Jaillira en flammes de torrents
Et me prendra dans des griffes sublimes

Je veux sentir tes dents de tigre
m’attraper de plein fouet à la nuque

Révèle-moi à moi-même
Sous tes doigts je te laisse
Conjurer l’anathème

Couchons-nous au milieu de l’infini rivage
Dans l’oblique de la tombée du soir
Et laissons le flux et le reflux de nos envies fantasques
Emporter les coquillages fêlés de nos amertumes
De nos questionnements et de nos angoisses

Devenons un paysage noble et scintillant
Narguons le cœur de la nuit
D’un plus parfait cristal